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AOC Vins de la Corrèze : trois lettres pour se tailler un nom

Terroir

Au-delà de la reconnaissance d’un savoir-faire, l’attribution d’une AOC aux vins de la Corrèze est aussi une chance de développer et pérenniser le renouveau viticole sur le territoire dont l’histoire remonte au Moyen-âge.

L’Appellation d’Origine Contrôlée attribuée aux vins de Corrèze a été officiellement lancée jeudi dernier dans les vignes du Sud Corrèze. Plus qu’une consécration, c’est avant tout un aboutissement, pour ces vignerons qui, il y a plus de trente ans, ont relancé une activité viticole ancrée sur ce territoire depuis le Moyen-âge. Une reconnaissance bienvenue pour ces viticulteurs locaux conscients du déficit de réputation de leur vignoble. «Généralement,  quand on entend parler de la Corrèze, les gens évoquent les vaches, mais rarement le vin. Si ces vins bénéficient déjà d’une renommée régionale, avec cette appellation nous  gagnons une reconnaissance au niveau national et nous jouons désormais dans la cour des grands» souligne Jean Mage, président de la Fédération des vins de la Corrèze.

Une AOC mûrement réfléchie

Le projet d’accrocher la prestigieuse AOC datait de 2005 et avait été plus sérieusement réactivé en 2014. Selon le directeur de l’Institut national des appellations d’origine (INAO), Jean-Luc Dairien, cette reconnaissance est à «inscrire dans les annales de l’institut comme le dossier le plus rapide de France». Pour les trois communes situées au Nord de Brive et les vingt-trois autres au Sud, «l’obtention de cette AOC n’est pas un aboutissement. Ce n’est que le début d’un travail pour continuer à faire rayonner votre produit et l’améliorer» note un expert de l’Inao. «Et ce n’est pas parce qu’on a un territoire en AOC que toutes les parcelles sont «aociables»» précise-t-il. Aussi, c’est tout un cahier des charges que doivent désormais respecter les viticulteurs tant sur le processus de vinification, les cépages et les noms.
L’AOC Corrèze se décline ainsi en vin rouge à l’image de ceux de la cave de Branceilles, en «vin de paille» (qui selon la légende aurait valu au roi Dagobert, sur les bons conseils de Saint-Eloi, d’avoir mis sa culotte à l’envers) et en vins  rouge et blanc sec avec la dénomination géographique complémentaire «Coteaux de la Vézère». Pour les autres, une IGP (Indication géographique protégée) Pays de Brive, plus souple, protège
aussi les autres producteurs. Au-delà du coup de projecteur qu’apporte cette reconnaissance aux vignerons corréziens, cette appellation est aussi un levier pour pérenniser et développer cette activité sur le territoire. «L’objectif est aussi de redynamiser la viticulture en Corrèze. L’AOC va nous permettre d’attirer de nouveaux viticulteurs alors même que nous arrivons à un tournant de générations avec un bon nombre de départs en retraite à venir.  C’est toujours plus intéressant de reprendre un vignoble en AOC! Mais cela va aussi nous permettre d’attirer de nouveaux profils. Aujourd’hui en Corrèze personne n’est en pur «viti», tous les producteurs sont en diversification. Et compte tenu qu’une AOC dans le bordelais est inaccessible, nous allons pouvoir lancer une politique d’accueil» note Philippe Leymat, président de la cave coopérative viticole de Branceilles.

Premiers millésimes rares

La bonne nouvelle tombée début mai n’occulte cependant pas les difficultés rencontrées par les différents viticulteurs corréziens pour cette récolte estampillée AOC. Le premier millésime AOC Corrèze s’annonce déjà rare. Si les vendanges ont débuté sur les vignes des Côteaux de la Vézère, celles de Branceilles devraient commencer dans les 10 jours. Et partout le constat est le même,  «La récolte 2017 s’annonce compliquée avec une perte de 70% par rapport à une année normale. 2017 sera un vin de vigneron. J’entends par là qu’il faudra être extrêmement soigneux dans la récolte et savoir sélectionner le raisin» souligne Jean Mage.  «Nous aurons du rosé mais nous ne sommes pas sûrs de faire une cuvée de rouge. Et quoi qu’il en soit il n’y aura pas de vin de paille» indique Philippe Leymat. «Cette année nous allons faire zéro. ça tombe vraiment mal» indique quant à lui Jean-Louis Roche, président du syndicat du vin de paille de la Corrèze et viticulteur sur 3 hectares à Queyssac-les-Vignes.


L’AOC vins de la Corrèze
- 76 hectares répartis entre 45 exploitations.
- La production représente environ 325.000 bouteilles (200.000 rouges et rosés, 75.000 blancs et 50.000 vins de paille) et 17 % des surfaces sont conduites en agriculture biologique.
L’aire géographique de l’AOC se situe au sud-ouest du département, dans la zone de piémont des bassins de Brive et de Meyssac. Elle comprend 24 communes situées au nord et au sud de Brive-la-Gaillarde.

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