Soumis par Rédaction régionale le jeu, 22/11/2018 - 22:17
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Les réseaux sociaux des Gilets jaunes sont-ils révolutionnaires ?
Jean-Marie Chalifour, Pierre-Buffière (87)
Mes parents ont manifesté en 1934 et 1936. J’ai manifesté en mai 1968 et en 1995. Notre point commun, nous étions syndiqués et nos manifestations avaient un but de progrès social. Y a-t-il des syndiqués ou des membres d’organisations politiques sur les réseaux sociaux ?
Sur l’air de  « Y’en a marre », la colère des Gilets jaunes a remplacé les luttes politiques et syndicales coordonnées. Cette colère est parfaitement relayée par les grands médias et certains journalistes ont trouvé le « buzz » qui, désormais, prend le plus souvent la place de l’information réfléchie.
Mieux, ils transforment quelquefois les faits pour mieux « vendre » leur salade. On interview l’homme de la rue, voire les gamins des écoles pour expliquer des événements dont ils croient être les acteurs. Le prix du carburant devient
l’arbre qui cache la forêt. Oubliées les revendications sociales, le chômage, les paradis fiscaux, la déchéance du service public (écoles, hôpitaux, routes, Poste, chemins de fer…) au bénéfice d’un
mouvement qualifié de démocratie directe et participative, aux motivations hétéroclites… et même quelquefois contradictoires.
Le premier Gilet jaune venu a la parole pour critiquer syndicats et partis politiques avec la complicité de certains médias et surtout de réseaux sociaux. On oublie que ce qui différencie dictature et démocratie, c’est bien l’existence de ceux que l’on prétend honorer. On oublie que les avantages sociaux, la justice des salaires, les luttes pour l’égalité, la Sécurité Sociale, le service public ont été obtenus par les syndicats voués aux gémonies par des gilets devenus des oracles.
Il me souvient d’une manifestation publique à laquelle ni mes parents ni moi-même n’avons manifesté. Elle était animée par un certain Poujade et aujourd’hui pas plus qu’hier on ne peut confondre poujadisme et syndicalisme ou Gilets jaunes et sans-culottes révolutionnaires.