Soumis par Rédaction régionale le dim, 07/01/2018 - 22:57
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La chanteuse France Gall, inoubliable interprète de «Poupée de cire, poupée de son» et «Résiste», est morte dimanche matin à 70 ans d’une récidive de cancer.
«France Gall a rejoint le Paradis blanc après avoir défié depuis 2 ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer», a indiqué son attachée de communication, Geneviève Salama.
France Gall avait été hospitalisée mi-décembre à l’hôpital américain de Neuilly, près de Paris, officiellement pour une infection sévère.
«France, nous avions 20 ans, des bonheurs, des chagrins. Une part de ma vie s’en va avec toi», a réagi Julien Clerc, qui a été son compagnon pendant cinq ans.
La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, salue «une icône de la chanson française». France Gall n'appartenait pas à une génération : elle a su s’adresser à toutes. Elle a affronté les combats personnels en donnant tout pour la musique.»
François Hollande a salué «une chanteuse lumineuse» et une «grande française» qui avait su «s’engager» pour de grandes causes et notamment pour l’Afrique».
Pour Jane Birkin, France Gall était «surprenante, candide, mystérieuse (...) C’est triste, triste...»
Pierre Lescure «pleure comme un môme» dans un message sur Twitter, et loue «la grâce, une des plus grandes et belles voix de France».
«Triste façon d’entrer dans les 40 ans de Starmania, après Johnny la série noire continue», a réagi Fabienne Thibeault, chanteuse de la comédie musicale de Michel Berger.
La chanteuse blonde et mutine des «sixties» avait été durement éprouvée par la vie : outre le décès en pleine gloire d’un infarctus de Michel Berger à 44 ans en 1992, elle découvre son cancer du sein l’année suivante. Un des deux enfants qu’elle a eus avec Michel Berger, Pauline, meurt à son tour de mucoviscidose en 1997.
Après ce choc, elle se fera discrète. Elle était sortie de ce silence en 2015 pour défendre la comédie musicale «Résiste» autour des «tubes» du couple qu’elle formait avec Michel Berger. Elle y apparaissait en vidéo – mais pas sur scène – comme narratrice se souvenant de son Pygmalion.
«Elle avait une énergie dingue. Elle a été incroyablement présente sur ce projet», a témoigné sur France Info le metteur en scène de «Résiste», Ladislas Chollat. «Elle ne voulait plus chanter elle même mais elle expliquait aux jeunes artistes comment chanter ses chansons (...) c’était une sorte de maman énergique».
Sa rencontre en 1973 avec Michel Berger, séparé depuis peu de Véronique Sanson, aura été déterminante : la «poupée» naïve des sixties, née le 9 octobre 1947 à Paris sous le prénom d’Isabelle, trouve avec lui une nouvelle maturité, en tant que muse, épouse et interprète pendant près de 20 ans.
De leur union, restent d’inoubliables tubes – «Il jouait du piano debout», «Résiste», «Ella, elle l’a», «Babacar»... – sept albums et de très nombreux concerts, en particulier, un donné en duo au Palais des sports en 1982.
Elle dira «être née avec Michel Berger». C’est pourtant un autre auteur vedette de la chanson française qui lance sa carrière : Serge Gainsbourg lui écrit en 1964 «N’écoute pas les idoles» et «Laisse tomber les filles», avant le fameux «Poupée de cire, poupée de son», avec lequel elle remporte l’Eurovision en 1965.
Leur collaboration ne survivra pas aux «Sucettes à l’anis» ambigües de Gainsbarre, avec lesquelles elle essuie les moqueries.
Née dans une famille d'artistes – son grand-père est l’un des fondateurs des petits chanteurs à la Croix de bois, son père, Robert Gall, parolier, écrit «La Mamma» pour Aznavour – France Gall enregistre un premier disque à 15 ans et connaît son premier succès à 16 avec «Sacré Charlemagne», qui devient vite un «tube» des cours de récréation.
«On rit encore, pour des bêtises, comme des enfants, mais pas comme avant...» a commenté dimanche l’ancienne ministre et sénatrice Laurence Rossignol.