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Une mesure disciplinaire pour avoir voulu rendre service !

Social

Pour avoir signé le récépissé d’un colis à la place d’une cliente, une factrice de Tulle est mise à pied en attendant de passer en conseil de discipline. La CGT-FAPT dénonce une mesure «disproportionnée» et n’exclut pas un nouveau mouvement social. Une pétition de soutien a été lancée par des usagers.

  
C’est sa fille qui, la première, a publié l’information sur les réseaux sociaux dimanche soir. Son post a été partagé plus de 2.500 fois et suscité une  vague de soutiens. Sylvie Auconie, 59 ans et 27 ans de carrière à la Poste, va passer en conseil de discipline. Elle est mise à pied depuis vendredi  dernier pour avoir simplement signé le récépissé d’un colis à la place d’un usager. «Je reconnais ma faute», confesse celle qui effectue sa tournée sur Saint-Mexant, Favars et Saint-Germain-les-Vergnes. La factrice avait en fait un accord avec la cliente et faisait cela pour lui rendre service. La  réclamation est le fruit d’une méprise.

"Le colis a été livré, il n'a pas été volé"

La CGT-FAPT, réunie actuellement en Congrès, soutient pleinement la factrice et dénonce une décision «fortement démesurée» qui ne tient pas compte de l’investissement fourni par l’employée depuis des années. «Les facteurs ont des journées trop lourdes et trop chargées. Sylvie a voulu rendre service à une cliente avec son autorisation», commente Karine Lavaud-Bourgès.  «Elle a trente ans de service irréprochable, elle est consciencieuse, honnête, appréciée des usagers et proche de la retraite. Le colis a été livré, il n’a pas été volé», ajoute la syndicaliste qui n’exclut pas un nouveau mouvement social au sein des postiers pour soutenir la factrice.
Sylvie a fait partie des agents qui se sont mobilisés cet été contre la réorganisation des tournées. La grève avait duré cinq semaines dans un climat de haute tension. Sa mise à pied vient-elle en représailles ? C’est ce que pense le syndicat. «Les facteurs grévistes subissent une pression  continue depuis qu’ils ont repris le travail», observe Karine Lavaud-Bourgès.

"Avant tout se réglait dans le dialogue"

«On est débordé», atteste la factrice mise à pied. «La direction ne se rend pas compte du travail que l’on a. En plus on se fait démolir. Je comprends pourquoi des agents sombrent dans le burn-out», souffle-t-elle. Au fil des décennies, Sylvie a vu ses conditions de travail évoluer dans le mauvais sens. «Avant, quand il y avait une réclamation, on venait nous en parler et tout se réglait dans le dialogue».
Sa situation a ému les usagers du secteur de Tulle qui ont lancé une pétition en ligne sur la plateforme Change.org, ce lundi matin. Ils demandent la levée de la procédure envers la postière et un service public conforme à leurs attentes et «non à des règles comptables» qui pénalisent les facteurs (vecteurs de lien social) comme les usagers. Ce lundi soir, elle a recueilli plus de 500 signatures. Des pétitions papier ont également été déposées dans les mairies de Favars, Saint-Mexant, Saint-Germain-les-Vergnes et Chameyrat.
En 2016, à Tulle, un facteur avait déjà fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour avoir amélioré le confort de son Staby (véhicule postal à trois roues).

Karène Bellina

Photo d'illustration AFP