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Du secours mais des bobos...

Solidarité

L’inauguration des nouveaux locaux du Secours Populaire français, Fédération de la Corrèze a eu lieu vendredi à Tulle. Situés rue Caquot, ces locaux sont le reflet d’une solidarité active. L’expulsion la veille d’un réfugié congolais, bénévole du SPF a marqué les consciences.

Cette  cérémonie aurait dû être une belle fête. Vendredi soir rue Caquot à Tulle, l’inauguration des nouveaux locaux du Secours populaire de la Corrèze augurait de bons moments de partage, de fraternité et de convivialité sous la bannière d’un idéal commun porté au quotidien par l’association caritative, ses salariés  et ses bénévoles : «Tout ce qui est humain est nôtre».

Bobo à l’âme

Une profession de foi républicaine mise à rude épreuve en ce jour de fête avec l’annonce  la veille du placement de Bobo Matondo au centre de  rétention administrative du Mesnil-Amelot en région parisienne.
Un choc pour toute l’équipe du SPF obligée de vivre ce départ comme un arrachement «sans même avoir eu le temps pour un au-revoir» se désolait Ayse Tari, la Secrétaire Générale de l’association SPF 19.
Elle ne cachait pas sa peine ce vendredi  et au cours de son intervention, cette femme de combat et de conviction  a dit toute son  incompréhension quant au sort réservé à ce jeune réfugié congolais, un pilier de la famille du SPF Corrèze depuis plusieurs années.
«C’est le cœur lourd, la gorge serrée, impuissants que nous nous inclinons devant des lois qui devraient avant tout protéger l’humain quand il est vulnérable, au lieu de le renvoyer brutalement vers des issues incertaines» soulignait-elle les yeux baignés de larmes.   
Débouté en 2016 de sa demande de titre de séjour, Bobo Matondo était depuis quelques semaines l’objet d’une assignation à résidence qu’il  respectait scrupuleusement. Il pointait chaque jour à la gendarmerie. Jeudi dernier, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture, il a été transféré vers la région parisienne au CRA n° 8  de Mesnil-Amelot. Accompagné par un avocat en lien avec la CIMADE et d’un avocat du barreau de Tulle-Ussel, il a désormais moins de 90 jours pour se défendre et éviter un retour au Congo, pays qu’il a fui  pour des raisons politique et familiale. A Tulle depuis 6 ans, Bobo Matondo s’était vite intégré dans le tissu social.  Joueur de rugby dans l’équipe  réserve du SCT, bénévole impliqué  au quotidien au Secours populaire, promis à un emploi au sein de l’association d’insertion F.O.R.E.T, Bobo  Matondo, loué pour sa gentillesse  et son grand cœur, semblait cocher toutes les cases administratives qui ouvrent en grand les portes de l’asile.

Mais Dura lex sed lex...

Vendredi le secrétaire général de la Préfecture de la Corrèze, Eric Zabouraeff ne pouvait que tenir le discours froid, clinique de l’Etat alors que dans la salle on entendait fuser des «Rendez-nous Bobo !»... «Les situations de l’immigration ne sont pas nouvelles. On a un système en France qui permet tout un tas de choses. En Europe, c’est la France qui accepte le plus de demandes d’asile. Mais il y a une règle. Pour certaines situations, il n’y a pas de raison que la demande d’asile aboutisse. Certaines décisions ne sont pas du goût de tous mais le respect de la justice, c’est le principe d’un  Etat de droit» justifiait le représentant du préfet de la Corrèze. Fermé le ban !
Au sein du SPF, Bobo Matondo avait participé à des ateliers d’écriture mis en place par l’artiste-plasticienne Fabienne Yvert. Une phrase écrite par   Bobo Matondo «Pauvre mais intelligent»  était devenue une affiche. L’artiste lui a répondu  : «Bobo on a mal nous aussi».

Des locaux adaptés

L’installation de différents services du SPF 19 au sein de ses nouveaux locaux rue Caquot  aura duré plus de 5 années. La Ville de Tulle a fait  l’acquisition des bâtiments pour la somme de 130.000€, un local qu’elle loue au SPF sous un bail emphytéotique de 70 ans.
«Ce local d’une superficie de 12.00 M2, nous permet déjà de mettre en œuvre de nouvelles pratiques de la solidarité et de l’éducation populaire et offre un meilleur confort d’usage à nos bénévoles par ses pièces fonctionnelles et ses belles surfaces» se félicitait Ayse Tari.
Le coût global des travaux  d’aménagement s’est élevé à 700.000 euros dont 400.000 pour le SPF. Vendredi, la  Secrétaire a poussé pour que 30.000€ soient trouvés afin de financer la rénovation de la façade.

Serge Hulpusch

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