L'histoire du loup: une exposition aux Archives Départementales

Jusqu’au 13 octobre prochain, les Archives Départementales de la Corrèze à Tulle présentent une très belle exposition sur le loup en Corrèze, au moyen de quatorze panneaux richement illustrés de documents et vidéos. Si aujourd’hui le loup est strictement protégé, au nom de la biodiversité de la faune sauvage, il n’en a pas toujours été ainsi.
Dans les pas de l’animal sauvage
Suite à une démarche séculaire d’éradication, l’animal a disparu de la faune sauvage au début du XXe siècle.
En Corrèze, le dernier loup tué l’a été en 1918 à Meilhards. Les derniers seront aperçus sur la commune de  Saint-Hilaire-Luc en 1947.
Depuis les origines de l’humanité, les rapports entre l’homme et le loup ont toujours été conflictuels, tous les deux devant partager le même territoire. Loin de l’image du méchant loup ou du loup-garou, l’exposition présentée actuellement aux Archives Départementales replace le loup en Corrèze dans son contexte historique et s’interroge sur les traces qu’il a laissées sur le territoire, aussi bien dans les mentalités que dans le paysage. En effet, de nombreux noms de lieux, hameaux et lieux-dits font référence au loup : Font du loup, Saut du loup, Cros du loup,
Rocher du loup...
Une riche exposition didactique
L’exposition se compose de quatorze panneaux et se base sur l’exploitation d’archives et de documents iconographiques en provenance d’institutions patrimoniales comme la Bibliothèque nationale de France, le Musée de la chasse et de la nature à Paris, le Musée de la vénerie à Senlis... Elle présente aussi 21 documents d’archives originaux issus des fonds des Archives de la Corrèze ainsi que la carte de Cassini sous forme de fac-similé permettant de voir la Corrèze telle qu’elle était au 18e siècle. Elle se complète de documents présentés sur tablette numérique
et d’une vidéo montrant les caractéristisques physiques du loup européen (canis lupus), réalisée avec le parc animalier des Monts de Guéret, «Les loups de Chabrières».
La «male bête», tueuse de Xaintrie !
«L’histoire du loup dans notre contrée, c’est une fresque gigantesque où s’entremêlent non seulement récits de chasse, anecdotes, contes et légendes mais encore les croyances, les superstitions, la magie, sans oublier l’expression populaire occitane relayée par de très nombreux dictons, proverbes et chansons...», explique Julien Mendès, responsable de valorisation aux Archives Départementales.
Au fil des panneaux, on apprend l’existence de la bête de la Xaintrie, vingt ans avant celle du Gévaudan.
En 1743, trois paroissiens de Camps et de Sexcles ont été retrouvés égorgés par l’animal féroce. Ce dernier ne semble pas s’intéresser aux bestiaux.
Un compte-rendu adressé à l’intendant d’Auvergne rapporte que 21 filles âgées de 12 ou 13 ans ont également été tuées. La «male bête» marque les esprits ! En 1784, c’est la paroisse de Cornil qui est touchée à son tour. Le 25 mai, un loup enragé blesse 17 personnes à Poumeyrol, Lauconie et La Ramade. Contre le loup, on met en place la louveterie, on mène des battues et on installe des pièges. Les pouvoirs publics encouragent la lutte  en échange de gratifications et primes. Dans le département, de 1885 à 1891, 125 louveteaux, 15 louves et 27 loups sont tués. Si pendant plusieurs siècles, les spécificités géographiques du département ont favorisé le développement du canidé, l’essor industriel, le désenclavement
forestier, la multiplication des voies de communication auront finalement raison de l’animal.

Pratique : Exposition à voir du lundi au jeudi de 8h30 à 17h et le vendredi de 8h30 à 16h30. Les Archives seront fermées du 18 au 29 septembre prochains.
Cet article a été rédigé avec le catalogue d’exposition réalisé par Julien Mendès et intitulé «Le loup en Corrèze, de la «male bête» à l’animal», vendu au prix de 15 euros.
Infos complémentaires  sur le site www.archives.correze.fr.

Karène Bellina

Commentaires

Quand c'est flou, c'est qu'y a un loup. Attention au visiteur de ne pas se faire ac-Costé par quelques margoulins cachés dans la Buisson, sinon il pourra s'exclamer "Jerrati ma journée et me voici sans un sou" pour payer les grosses guimbardes et les vacances de cette meute de malfrats.

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