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Les arts océaniens à l'honneur (diaporama)

Biennale de la Pierre

Dans le cadre de la neuvième édition de la Biennale internationale de la pierre de Marc-la-Tour consacrée à l’Océanie, du 1er au 9 août, deux expositions sont organisées à Tulle, au Cloître et à la médiathèque. Elles présentent un beau tour d’horizon de l’art et des traditions aborigènes (Australie) et kanak (Nouvelle Calédonie)

Pour les aborigènes d’Australie, peindre est un acte spirituel. Toutes les formes d’art ramènent au sacré car elles sont liées à des rites et puisent leur inspiration dans le temps du rêve.
L’exposition qui leur est consacrée à la médiathèque Eric-Rohmer, est exceptionnelle. Une trentaine de tableaux en ocre naturel ou en acrylique sur lin permettent d’avoir une vue d’ensemble sur l’art aborigène. «Trois traditions sont représentées ici : la peinture du désert, celle du Nord, dans la région de Darwin et celle du Kimberley», explique Michèle Panhelleux, collectionneuse et spécialiste. Cette dernière a animé une conférence sur le sujet, vendredi dernier dans l’auditorium de la médiathèque, comble. Avec l’arrivée des anglais en 1788, les aborigènes vivaient de façon semi-nomade. 500 tribus avaient chacune leur terre à l’intérieur de laquelle ils étaient nomadisés. L’aborigène appartient à son territoire et non le contraire. Il n’élevait rien, ne cultivait rien mais prenait ce que la nature lui offrait.
Les populations du désert central sont restées loin des occidentaux jusqu’au XXe siècle. «Traditionnellement, les aborigènes peignent sur leur peau enduite d’ocre rouge. Ils y tracent des symboles claniques. Ensuite ils peignent le sol et gravent la pierre ou d’autres objets rituels avant de procéder à une cérémonie», ajoute Michèle Panhelleux. Leurs tableaux représentent une vue aérienne de leur territoire (vue de l’esprit) avec des sites sacrés. Une même forme peut avoir plusieurs significations. Sédentarisés, les aborigènes travaillent actuellement dans des coopératives artistiques ou des ateliers privés. «Ils peignent en groupe et assis par terre, à plat, dans l’idée de faire vivre le monde et d’honorer leur esprit totémique. Peindre fait passer le sacré dans le domaine du visible».

La Nouvelle Calédonie s’installe au musée du Cloître pendant un mois. Hiandjing Pagou-Banehote y présente ses sculptures dans les galeries et le jardin. Dix pièces en bois fruitier sauvage qui prennent racine au plus profond de la culture kanak. Elles n’ont pas été réalisées au hasard mais retranscrivent les traditions et les coutumes de l’île. «Wagni», le nom de l’exposition, représente les cordages de la case qui unissent les personnes au pilier central, ce sont des liens entre les membres du clan, puis entre chaque clan et chaque calédonien. Ce sont des chambranles qui, à l’entrée de la case, séparent le monde des vivants et celui des esprits. «Quand on entre, on doit se baisser pour saluer les esprits du lieu», indique l’artiste. Ce dernier a commencé à sculpter à la suite d’un rêve. Depuis, il ne fait que cela et se lance des défis. Le prochain est de travailler le granit corrézien puisqu’il fait partie des invités de la biennale de la pierre.  Pour compléter son exposition, le musée du Cloître a sorti de ses réserves des objets océaniens. Au rez-de-chaussée le public peut découvrir une sélection d’objets provenant de Nouvelle Calédonie et d’île de Pâques. Ce sont des armes (massues, casse tête, bâtons gravés, haches) ramenés par des militaires. Des photos provenant du musée Branly permettent de replacer ces objets dans leur contexte culturel d’usage.

La troupe kanak Pacifikenu, à l’occasion du vernissage de l’exposition, a animé un spectacle de danses et de chants traditionnels dans les jardins du Cloître.

 

Karène Bellina (texte et photos)

Diaporama : cliquer sur la photo


Autour des expositions
A la médiathèque : expo à voir jusqu’au 29 août dans le hall. Entrée libre. Vendredi 31 juillet à 18h30, conférence sur l’art maori par Paora Toi Te Rangiuaia, sculpteur de Nouvelle-Zélande.
Musée du Cloître : expo «Wagni, ces liens qui nous unissent» à découvrir jusqu’au 31 août. Entrée libre. Le jeudi 6 août, à 15 heures, visite en famille de l’exposition. Et de 18h30 à 23 heures, soirée exceptionnelle : construction d’une œuvre éphémère par Hiandjing Pagou-Banehote et Joël Thépault, accompagnés par le musicien Bernard Combi. Atelier participatif pour le public. Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 13h et de 14h à 18h30.

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