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Des hommes et des pierres

Jusqu’au 19 juillet, le musée du Cloître accueille une trentaine d’œuvres du sculpteur Denis Monfleur.  Cette exposition intitulée «Individus III» est proposée par l’association ParChemins.

Londres, Tokyo, New York, Berlin, ... La liste des villes dans lesquelles les sculptures de Denis Monfleur sont présentes, est encore très longue. Pourtant cet été, c’est à Tulle et plus précisément au musée du Cloître de Tulle, que ce dernier a choisi d’exposer une trentaine d’œuvres représentant des visages et des corps humains.
Originaire de Périgueux, Denis Monfleur est sculpteur professionnel depuis plus de trente ans. Il est un des rares à travailler les pierres dures et ultra dures telles que le granit, la diorite ou le basalte. «L’avantage de ces pierres est qu’elles sont non gélives. On peut les laisser en extérieur», explique l’artiste.
Il est également un des précurseurs du retour à la taille directe sans avoir, au préalable, réalisé un dessin ou une maquette, ce que détaille Karine Lhomme, responsable du Pôle Musées de  la ville : «Avec le travail de Denis Monfleur, nous sommes dans l’immédiateté du geste. Une fois que la matière est retirée, c’est fini».
Les blocs de pierre que le sculpteur périgourdin utilise viennent principalement de carrières situées en Auvergne ou en Bretagne. Lors de ses déplacements à l’étranger, ce sont les minerais locaux qui ont les faveurs de ses marteaux et ciseaux. «La seule exigence que j’ai, est que la pierre ne doit pas être gélive. Sinon, je n’ai pas de préférence quant à sa nature», insiste-t-il. Parmi les têtes et autres statues mises à la disposition du musée, certaines sont en granit, en orgues basaltiques ou en lave comme la série «Individus III». Celle-ci représente des femmes qui ont été spécialement réalisées pour l’exposition tulliste.
Le chiffre «III» est une référence aux deux premières séries de personnages, sculptés par Denis Monfleur sur commande de son marchand d’art, Claude Bernard. Au printemps, ils ont d’ailleurs été présentés au Grand Palais à Paris, dans le cadre de la foire d’art moderne et contemporain «ART PARIS». Cependant, ces premiers «individus» étaient des hommes ce qui valut à leur auteur quelques critiques de la part du public. «On m’a dit que j’étais misogyne. Alors pour cette nouvelle série, j’ai décidé de faire des femmes», sourit-il.
Des femmes de pierre qui tels leurs comparses le «Personnage bleu» ou «Le roi gothique», tissent des liens avec l’architecture gothique de l’édifice corrézien. «Cette exposition permet de créer un autre regard sur l’art contemporain et sur ce lieu patrimonial», commente Karine Lhomme avant de poursuivre : «Denis Monfleur est quelqu’un de sensible à l’architecture et à l’esprit des sites dans lesquels il expose».
Les galeries et la salle capitulaire du Cloître servent ainsi d’écrin à ces sculptures figuratives pour mieux révéler leurs beautés respectives. «Grâce à la cohabitation de ces deux formes d’art, on sort du schéma classique du musée. Quand les visiteurs repartent d’ici, ils ont vu un cloître et une exposition d’art contemporain», analyse Yannik Seguin, maire-adjoint délégué à la culture et aux jumelages. Denis Monfleur, quant à lui, continue d’exporter ses sculptures dans le monde entier.
Après un bref passage à Tulle à l’occasion de son vernissage, il s’apprête à rejoindre le continent sud-américain, et notamment le Brésil, pour une mission culturelle auprès des jeunes des quartiers défavorisés.

Claire Mouzac

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