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Kabal Kanal, le canal rural plus

Culture

En lien avec le Festival de jazz Kind of Belou qui fête ses 20 ans cet été, une résidence de création artistique avec D’ de Kabal et des élèves du  collège Lakanal de Treignac fait sens, corps et du bien à l’écoute des uns et des autres. Rencontre avec les acteurs du projet «Kanal Kabal»  exemplaire à plusieurs voix déliées.
La culture fait ses gammes au sein d’un établissement rural sans fausse note !
Et cela grâce à la volonté de l’équipe éducative de l’établissement de «colorer» l’internat du collège Lakanal dans le cadre du réseau des internats de Corrèze et de Creuse et afin d’améliorer l’attractivité d’un établissement très rural.
C’est donc d’une belle coloration artistique, musicale et vocale que se pare depuis plusieurs semaines 130 des 162 élèves de l’établissement,  impliqués directement dans la résidence de D’ de Kabal, rappeur, slameur, poète des mots et des sons, figure de la scène hip hop française.
«Tout est parti du chef d’établissement Laurent Guenin qui a sollicité le festival Kind of Belou pour faire une résidence d’artistes. Elle comprendrait  des interventions pédagogiques sur l’ensemble des classes de 5è, 4è, 3è et la classe UPE 2A, composée d’élèves non francophones» précise Thierry Collet, professeur au collège de Treignac. Cette classe spécialisée regroupe des élèves de La Maison d’Enfants à Caractère Social du  Centre des Monédières de la Fondation Pompidou de Treignac. L’établissement reçoit cette année des élèves de 13 nationalités différentes.
Thierry Mazaud, directeur artistique et fondateur du Festival de jazz de Treignac a fait le choix de D’ de Kabal, un artiste rompu  à des actions auprès  de différents publics. L’an passé, la contrebassiste et chanteuse Julia Robin était intervenue au sein de l’établissement.
Les interventions de D’ de Kabal ont débuté au mois d’octobre dernier à compter d’une résidence d’une semaine programmée quatre fois dont une dernière en juin.
D’ de Kabal intervient lors d’ateliers de composition musicale et artistique et passe 3h par classe à chaque période de résidence. Bref, la résidence c’est du travail mais surtout beaucoup de plaisir, d’engagement, de partage pour les élèves et leur compagnon en écriture. «Un artiste des mots  écrits, dits, chantés, rappés, criés, chuchotés, ainsi que dansés». Voilà comment se définit cet artiste, pratiquant le beat box autant chercheur que performeur dans l’âme. «Pour moi, c’est très important de dire qu’on a jamais rien trouvé. Ce que je demande auprès des gens, des jeunes c’est énorme dans la mesure où on ne se connaît pas, où moi j’ai un plan plus ou moins tracé dans mon esprit et eux ne savent pas où je les emmène. C’est vital de prendre conscience de ça pour réaliser quelque chose d’égalitaire. Je ne serais pas ici, si cela ne m’apportais rien. Ce qui m’a plu  dans le projet c’est d’être en immersion, de développer un autre rapport aux élèves»  confie l’artiste. Il s’agit de réveiller, de mettre  en mouvement la part artistique de chaque élève et que la somme de ces individualités fasse œuvre collective.
Ces rapports d’apprentissage, de création se font sur le mode ludique et pédagogique. Les interventions se réalisent en appui des professeurs de lettres, du professeur documentaliste et du professeur de musique. L’acquisition d’une loop station par le collège permet aux élèves  d’enregistrer  des boucles musicales en direct, en utilisant leur voix.
Dans le cadre de ce projet, quarante élèves volontaires ont pu assister au mois de décembre dernier à un concert de jazz au théâtre de Tulle intitulé «PEPLUM Fantazio & Théo Ceccaldi».
Pour le principal du collège, Laurent Guenin cette expérience est fondamentale au sein d’un petit établissement rural aux spécificités identitaires persistantes : «J’attends de cette action qu’on améliore, qu’on poursuive, tout ce qui a été initié les années précédentes sur l’inclusion des élèves et le fait que les élèves de UPE 2A se sentent de plus en plus élèves» espère le fonctionnaire. Le jour où l’expression largement partagée par les  élèves des «gars de la Fonda» ne sera plus usitée voire moins, un grand pas sera dans l’acceptation et une meilleure compréhension : «Composition musicale et composition poétique sont des moyens choisis pour construire une culture partagée au moyen d’une œuvre commune»   indique Laurent Guenin.
Une voie à suivre et une voix à entendre.

Le projet est soutenu par le rectorat, la DRAC de Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec Canopé, le festival Kind of Belou et la communauté de commune Vézère Monédières Millesources.

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