Les personnels des lycées appelés à se mobiliser mardi

La Région Nouvelle-Aquitaine1 a mis en place un nouveau barème de dotation des lycées qui a reçu l’avis défavorable des six syndicats représentatifs des agents.

Près de 6.000 agents techniques, ouvriers et de service travaillent au quotidien dans les 276 lycées publics gérés par la Région. Agents de restauration, d’accueil ou de maintenance, chargés de l’entretien des locaux ou du linge ou encore magasiniers concourent au bon fonctionnement des lycées.

«Progressivement depuis le début de l’année, chaque lycée fait l’objet d’une analyse de sa dotation par la Région, et il lui est présenté une dotation cible en fonction des nouveaux critères» explique Christophe Nouhaud pour la FSU. Comme nous l’indiquions dans notre édition du 25 octobre, 66 lycées sur 276 ont ainsi été audités (dont 23 en Limousin sur les 43 que compte l’Académie de Limoges). Et ce n’est qu’un début, «la Région espère boucler le dossier d’ici la fin de la mandature».

Ainsi, 20 lycées perdraient déjà des postes équivalent temps plein (ETP) : au moins treize dans 11 lycées limousins, certains étant particulièrement touchés, comme à Suzanne-Valadon à Limoges (- 6 postes soit 20 % de l’effectif) ou au lycée Raymond-Lœwy de La Souterraine (- 3 postes soit 15 % de l’effectif). «Dans beaucoup d’établissements, la baisse de dotations va entraîner des difficultés supplémentaires pour les agents, dégrader les conditions de travail et la qualité du service rendu».

Pierre Chéret, conseiller régional questeur de la Nouvelle-Aquitaine, souligne que sur les 66 lycées audités, «35 établissements vont voir leurs dotations augmenter, comme à Magnac-Laval (87) avec 3 postes en plus, ce qui n’est pas anodin». Il assure que ce nouveau mode de calcul est «plus équitable que l’ancien», qu’il a été «construit à partir d’éléments objectifs» et que lorsqu’il y aura des suppressions de postes, «ce sera de façon progressive, au fil des mobilités et des départs à la retraites. On ne va pas supprimer six postes à Valadon du jour au lendemain».

S’il conçoit que certains établissements vont gagner des effectifs, Christophe Nouhaud souligne que les perdants «connaissent déjà beaucoup de difficultés au quotidien : insuffisance des remplacements des agents absents, difficulté à appliquer les restrictions médicales et absence de compensation de ces restrictions par l’octroi des moyens supplémentaires indispensables». Surtout que «les dernières statistiques de 2018 des arrêts maladie à la Région attestent de ces difficultés, avec un taux d’absentéisme dans les lycées qui est deux fois supérieur à celui constaté dans les services du siège, et une augmentation massive des arrêts longue maladie ou consécutifs à des accidents du travail ou des maladies professionnelles».

Pour Pierre Chéret, «il ne s’agit en aucun cas de supprimer des postes, mais de mieux les répartir. Nous avons déjà fait un effort de 3 millions d’euros pour traiter le problème des remplacements. Nos ajustements prendront en compte chaque situation particulière».

En marge du prochain comité technique, la CGT, l’UNSA, FO et la FSU appellent les agents des lycées à se mobiliser mardi 5 novembre à 9h30, devant la Maison de la Région à Limoges.

1 La Région a la responsabilité de l’accueil, de la maintenance, de l’entretien, de la restauration et de l’hébergement au sein des lycées.

 

Photo : Les dotations pour les lycées vont être recalculées.