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On manque d’eau !

Des mesures de restrictions d'eau ont été prises dans 51 départements, selon le site gouvernemental Propluvia, près d’une vingtaine sont en état de crise, où des mesures drastiques sont instaurées. Ce qui est le cas pour la Haute-Vienne et l’Indre. La Corrèze est en vigilance tandis que la Creuse et la Dordogne oscillent entre des alertes simples et des alertes renforcées.

Il existe trois niveaux de restrictions de l’usage de l’eau possibles en France. Après la vigilance, viennent l’alerte, l’alerte renforcée et enfin la crise. Le niveau d’alerte implique une réduction de la consommation d’eau de la part des agriculteurs de 50%, voire une interdiction d’utiliser de l’eau plus de quatre jours par semaine. De plus, à ce niveau de vigilance, les activités nautiques, l’arrosage des jardins et des espaces verts ou encore le fait de laver sa voiture sont restreints. Ce premier niveau de contrainte a un effet sur les cultures agricoles qui sont susceptibles de ne pas supporter une telle restriction d’irrigation. Le site Propluvia indique que la sécheresse des sols persiste en Indre notamment et que la Creuse garde elle aussi des sols extrêmement secs. La recharge des nappes n’a pas été satisfaisante, du fait d’un déficit pluviométrique durant l’automne et l’hiver 2018-2019. Les pluies du printemps n’ont pas permis de compenser ce déficit mais ont cependant limité l’impact. Or, si les précipitations du printemps ont permis une légère amélioration des débits des cours d’eau, les niveaux de ces derniers restent majoritairement inférieurs à la moyenne.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, l’intégralité du département de la Haute-vienne est placé en crise. Ce niveau suppose entre autres, des contraintes agricoles accrues et des limitations plus fortes dans les prélèvements d’eau. La préfecture haut-viennoise explique que depuis le début de l’année, la pluviométrie accuse un déficit d’environ 15% par rapport à la normale. «Les débits des cours d’eau et les niveaux des ressources souterraines sont marqués par une baisse constante. Le début du mois de juin enregistre une pluviométrie supérieure à 50%, ce qui a ralenti le processus de baisse des débits. Toutefois, la vague de chaleur depuis le 22 juin et l’absence de pluie significative hormis quelques orages locaux, ont pour conséquence une accélération du phénomène de baisse des débits des ruisseaux et des nappes souterraines. À ce jour, le débit des cours d’eau est deux à trois fois inférieur à un mois de juillet normal. La constatation de ces débits bas est plus précoce que d’habitude. Il est nécessaire de répartir la ressource disponible au plus près des usages». C’est pourquoi, afin de conserver la ressource en eau et les conditions nécessaires à la vie dans les milieux aquatiques, le préfet a placé la Haute-Vienne en état de crise via un arrêté définissant des mesures de restriction des usages de l’eau sur l’ensemble du territoire de ce département. Cet état de crise suppose l’arrêt des prélèvements d’eau non prioritaires, comme le remplissage des piscines ou le lavage des voitures. Les restrictions des prélèvements d’eau à des fins agricoles sont maintenues voire durcies. Seuls les prélèvements des usages prioritaires sont maintenus. Ces usages sont à des fins de santé, de sécurité civile ou d’eau potable. En Haute-Vienne, la chambre départementale d’agriculture s’adapte à cette situation, comme l’explique Bertrand Venteau, son président : «Avec l’expérience de la sécheresse de l’an dernier, nous avons pris les devants en mettant en place, à travers un guide technique, des cultures économes en eau». Depuis quelque temps déjà, plusieurs agriculteurs de Haute-Vienne testent le miscanthus dont les tiges sèches peuvent être utilisées en paillis pour retenir l’eau, en litières d'animaux, ou en isolant notamment dans les écoconstructions. Pour l’heure les restrictions d’eau n’ont pas encore d’impacts conséquents, mais le président de la chambre d’agriculture parle d’inquiétude pour la paille, «ça va être compliqué, il faut qu’on poursuivre nos réflexions afin de faire évoluer la composition des prairies. Il va devoir faire un travail sur l’innovation et le développement d’alternatives, on ne peut plus subir ces épisodes de sécheresse à répétition». Il évoque aussi les impacts de cette sécheresse sur la fertilité des animaux, «on a déjà des retours pas très bons, la chaleur et le manque de fourrage ont des conséquences. On a aussi des inquiétudes pour l’abreuvement des animaux à court terme».

Du coup la chambre d’agriculture songe très sérieusement à mettre en place l’irrigation sur le département «lorsqu’on regarde les cours d’eau, on est dans la même situation qu’en septembre dernier alors qu’on n’est qu’à la mi-juillet». Les agriculteurs qui ont des réserves d’eau déconnectées du réseau arrivent encore à gérer, c’est pour tous les autres que cela pose problème. «Nous n’avons pas de nappes phréatiques ici, mais nous avons la ressource en eau, il va falloir commencer à développer l’irrigation et le stockage de l’eau en créant de nouvelles retenues. On peut forer sur les 40 premiers mètres du sol et on pourrait aussi, pourquoi pas, faire des prélèvements dans les étangs existants. Qui aurait pu dire, il y a 20 ans, qu’en Limousin nous aurions besoin d’irrigation» conclut-il.

Fatima Azzoug

Photo : La sécheresse s’est installée sur nos territoires.