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Dans l’attente d’une offre décente

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Deux semaines avant leur prochain rendez-vous devant le tribunal de commerce, les 110 salariés de Steva à Bessines en Haute-Vienne sont toujours dans l’attente. Ils gardent espoir que l’offre de l’entreprise OMA soit revue à la hausse et espèrent tous que celle-ci s’engagera à conserver un maximum d’emplois. Après les velléités de reprise du groupe Bowden, l’entreprise de Bessines-sur-Gartempe a reçu quelques au-tres marques d’intérêts, mais sans jamais qu’aucune ne se transforme en offre acceptable. Désormais, les salariés de Steva sont dans l’attente de la contre-visite du groupe italien OMA, qui avait formulé une offre bien en deçà des attentes des syndicats.Après la prolongation de la période d’observation de leur entreprise en octobre dernier, les salariés  de Steva ont reçu la visite d’une délégation du groupe italien OMA. Spécialisée dans le prototypage, l’emboutissage et la réalisation de pièces pour les grands noms de l’automobile, l’entreprise «a fait une offre qui implique 42 licenciements. Nous avons dit au PDG de revoir son offre et il doit revenir à Bessines d’ici la fin de la semaine. Nous allons voir ce qu’il va nous dire et puis nous verrons, en fonction. Mais nous n’avons pas trop d’espoir, de 42 il va passer à 30 et puis voilà» pense Bruno Grimaux , secrétaire FO du comité d’entreprise. garder les emplois en donnant du travail42 départs pour 68 emplois sauvegardés, il est évident que la première offre déposée par OMA a été jugée «inacceptable», autant pour les salariés que pour leurs représentants syndicaux. Bruno Grimaux prévient d’ailleurs que si «30 emplois sont supprimés, la boîte est morte. Nous ne disons pas de chiffre, nous disons juste que nous voulons le minimum de licenciements». Et si zéro serait le chiffre idéal pour contenter les salariés, «encore faudrait-il du travail. Pour l’instant, il y en a, mais pas pour tout le monde. Car en ce moment nous sommes à environ 1,2 million de chiffre d’affaires. Alors qu’avec 1,6 million, on peut payer tout le monde et on arrive à vivre» explique Bruno Grimaux qui voit trois options différentes pour sauver le navire : «Première solution, on redonne du travail et on sauve tout le monde. Soit on en met pas et on négocie quelques départs. Ou alors il y a une autre solution, du chômage partiel pendant un an le temps qu’on remette un peu de travail. C’est d’ailleurs ce que nous proposons mais les dirigeants d’OMA n’en veulent pas. Ils veulent reprendre la boîte et ne pas perdre d’argent, ce qui est compréhensible».Et si Bruno Grimaux veut bien comprendre que les intérêts économiques sont primordiaux pour les entrepreneurs, il prévient que «si on nous propose quelque chose de ridicule, on ne sera pas repris et puis c’est tout. Pour l’instant, nous ne bougeons pas, attendons la fin de la semaine et nous verrons en fonction. Mais même s’il n’y a qu’un seul licenciement, ça nous fera chier».Quant au soutien des politiques, Bruno Grimaux remarque que «tout le monde se bouge. L’état et la Région tentent de résoudre le problème de la SCI (et son problème de loyers mirobolants, ndlr) et je pense qu’il sera réglé. On trouve toujours l’argent quand on a envie de régler les choses». Pour le syndicaliste, le vrai problème c’est plutôt «le manque de travail. Regardez les Gilets jaunes qui manifestent, ils demandent tous de l’argent. Qu’ils demandent du travail car si tout le monde travaille, tout le monde cotise et dépense de l’argent. Avoir plus d’argent d’accord mais si tout le monde avait un travail aujourd’hui, la Sécu irait bien, les caisses de retraite aussi, tout le monde irait bien».Souhaitons aux Steva que OMA suive cette même logique et place le travail au centre de son projet.