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Affaire Mis et Thiennot: la justice de classe à l’œuvre

Justice

A l’invitation de la Libre Pensée de la Haute-Vienne Léandre Boizeau, président d’honneur du comité de soutien pour la révision du procès Mis et Thiennot, animera une conférence débat sur l’affaire, après la diffusion d’un documentaire, jeudi 13 décembre à 18h30, salle de conférences de la BFM à Limoges. Léandre Boizeau exposera les dessous de cette affaire et son combat pour la réhabilitation de Mis et Thiennot. Si la Libre pensée de la Haute-Vienne invite Léandre Boizeau à exposer les dessous de l’affaire Mis et Thiennot, c’est parce que, comme l’indique Jacky Texier, le trésorier de cette fédération, «nous l’avions déjà invité le 27 avril 2017 pour parler d’un événement qui s’est déroulé en février 1848. A cette date, les ouvriers  en révolte de Limoges avaient libéré de la prison les émeutiers de la faim de Buzançais. Ces émeutiers avaient été incarcérés à Limoges». Il ajoute «lors de son intervention, Léandre Boizeau avait évoqué le cas de Raymond Mis et de Gabriel Thiennot, ces deux jeunes condamnés pour le meurtre de Louis Boistard, le garde-chasse de la propriété de Jean Lebaudy, riche industriel et propriétaire terrien en Brenne». Les participants très intéressés par l’affaire avaient souhaité en savoir plus, d’où cette seconde invitation. Jacky Texier décrit Léandre Boizeau, comme un homme qui s’est élevé grâce à l’école laïque. L’homme est né dans une famille de forains et deviendra enseignant. Il sera également maire-adjoint du Blanc (36). Engagé au PCF de 1958 à 1983, il quittera le militantisme politique pour celui de la plume, s’intéressant surtout au monde des «petits», de ces «oubliés du champ d’honneur». En 1980 Léandre Boizeau sort le livre «Ils sont innocents» qui reprend l’affaire Mis et Thiennot et dans lequel l’auteur démontre l’innocence de ces deux condamnés. Pour Jacky Texier, cette affaire n’est pas qu’un simple fait divers : «Elle doit être portée à la connaissance du public parce qu’il s’agit là de faits qui sont à la conjonction du social et du politique en ce sens qu’à travers cette affaire on perçoit l’attitude de ceux qui n’ont pas accepté la défaite de la collaboration et règlent leurs comptes grâce au pouvoir qu’on leur a maintenu après la fin de la guerre». Si bien que pour lui, «par certains côtés, elle rappelle le cas de Nicola Sacco et Bartolemeo Vanzetti, ces deux anarchistes d’origine italienne condamnés plus pour leurs opinions politiques que pour des faits avérés». Pour mémoire dans  l’affaire Mis et Thiennot, les faits se sont déroulés le 29 décembre 1946, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, un moment où les rancœurs étaient vives. Gabriel Thiennot,  Résistant communiste, et Raymond Mis, fils d’immigré polonais étaient donc des coupables parfaits.  Jacky Texier rappelle également que le commissaire de la police judiciaire de Limoges, chargé de l’enquête, avait fait allégeance à Pétain. Loïc Leduizet, secrétaire de la Libre Pensée 87, ajoute que les deux accusés n’ont avoué les faits, malgré la faiblesse des preuves incriminantes, qu’après avoir été longuement torturés.  Une affaire qui, entre juin 1947 et juillet 1950,  a débouché sur trois procès en cour d’assises à Châteauroux, Poitiers et Bordeaux. Les deux hommes ont été condamnés et aucune des nombreuses requêtes en révision n’ont abouti. Pourtant, «25 communes de l’Indre ont donné le nom de Mis et Thiennot à une rue, un pont ou une place, alors que les règles administratives interdisent d’utiliser le nom de gens condamnés, pourtant aucune autorité administrative ne s’y est opposée», souligne Loïc Leduizet. Selon lui, cette affaire met en lumière les limites de la Justice. «On est dans une situation où les preuves de leur innocence ne suffisent pas à relancer la Justice. Ce qui pose aussi question sur la justice d’aujourd’hui», ajoute Loïc Leduizet. La Libre Pensée, veut, en proposant cet événement, mettre en lumière cette affaire pour des questions de justice et de mémoire, parce que selon elle, «il n’y a rien de pire que l’oubli pour renouveler les erreurs».