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"Préparer une réouverture rapide dans des conditions correctes"

Abattoir du Boischaut dans l'Indre

Vendredi 2 novembre, l’association végane L214 a diffusé une vidéo pour dénoncer des pratiques maltraitantes envers les animaux. Samedi 3 novembre, le ministre de l’Agriculture a demandé la fermeture temporaire de l’établissement et une enquête administrative.
"Rien n'excuse les images produites à Lacs. Elles sont choquantes dans leur contenu mais aussi sciemment montées pour provoquer un sentiment d'horreur et d'indignation. Il s'agit d'une nouvelle attaque, contre l’élevage en général (conventionnel et bio) et les abattoirs de
proximité, plus facilement infiltrables. L’objectif de l’association L214 est d’éliminer l’élevage et les éleveurs ; de manière intégriste,
dogmatique, sans s’interroger sur le devenir de nos paysages, de la biodiversité et de la vie dans nos territoires ruraux" déclarent la Confédération paysanne des départemensts de l'Indre et de la Creuse.

Quelles responsabilités?

"Les éleveurs ont toujours exigé une mort digne pour leurs animaux. La traçabilité à laquelle ils sont tenus fait l'objet de fréquents contrôles, mais on se rend compte qu'elle s'arrête souvent à la porte de l'abattoir.
En 2016, des non conformités avaient été mises en avant par les services vétérinaires et tout n’avait peut-être pas été mis en oeuvre pour les régler. Les problèmes de l’abattoir sont nombreux : manque de moyens matériels et manque de formation des salariés aggravés par un turn-over élevé. C’est à la communauté de communes de La Châtre-Sainte Sévère, gestionnaire de l’abattoir, d’y apporter une réponse" note la Conf'.
Et de poursuivre "M. Forissier, président de la communauté de communes jusqu’en juillet 2017 et aujourd’hui député, propose de mettre en place un pôle d’excellence. L’idée est bonne mais tardive ! Elle permettrait peut-être d’attirer de nouveaux clients nécessaires au bon fonctionnement économique de l’abattoir.
En Creuse, département où il n’y a plus d’abattoir depuis 2006, le Pôle Viandes Locales*, outil d’abattage, de découpe et de transformation créé par les éleveurs pour les éleveurs va ouvrir prochainement. Mais il a mis plusieurs années pour aboutir. Il faut développer de telles initiatives mais aussi proposer des solutions à court terme.

Quelles conséquences pour les agriculteurs et le territoire ?

"En attendant, les éleveurs de l’Indre, de la Creuse et d’autres départements sont obligés d’aller faire abattre leurs animaux ailleurs. C’est donc un allongement des durées de transport pour les animaux, sources de stress, un coût plus élevé, un impact environnemental accru et une augmentation des cadences dans les établissements voisins. Dans un contexte économique, climatique extrêmement tendu et difficile, c’est une situation problématique supplémentaire".
La fermeture des abattoirs de proximité signifie une fragilisation des fermes ayant (ou voulant) développer la vente directe et des boucheries de proximité indispensables à la relocalisation de l’alimentation souhaitée par le gouvernement, l'aménagement des territoires et favorisant l'emploi local, abonde la Confédération paysanne.

Quelles perspectives ?
La Confédération paysanne des deux départements avance des propositions : donner les moyens techniques et humains nécessaires aux abattoirs pour assurer une mort digne des animaux ; rester ferme face aux violences anti-élevage. Il n'existe pas d'agro-écologie sans élevage. L'agriculture française et mondiale n'a jamais eu autant besoin de polyculture-élevage pour régénérer les sols, assurer la sécurité alimentaire, diminuer les intrants chimiques et le recours aux énergies fossiles ; la collectivité doit prendre ses responsabilités au plus vite pour permettre la réouverture rapide de l’abattoir du Boischaut dans des conditions décentes de fonctionnement pour les animaux comme
pour les salariés. Les éleveurs sont favorables à une concertation pour améliorer la situation et trouver collectivement une solution adaptée aux enjeux locaux (abattage multi-espèce etc.) tout en respectant le bien-être animal et améliorant les conditions de travail des salariés.

* Ouverture prochaine du Pôle Viandes Locales à Masbaraud-Mérignat (Creuse).
La Confédération de la Creuse appuie depuis sa genèse le projet des éleveurs du territoire réunis au sein de la SAS "Pole Viandes Locales". L’objectif est de valoriser des viandes produites localement et donc de favoriser les circuits courts. Plateforme de services de 1000 m2, ce pôle comprend un abattoir, un atelier de découpe, des salles de maturation courte et longue durée, de transformation et de surgélation.
La bien-traitance animale est un élément premier de cet outil multi-espèces avec une bouverie innovante et un prototype de box d’étourdissement multi-espèces. Tout a été conçu pour éviter le stress aux animaux : un parcours d’approche circulaire, des cadences lentes afin d’effectuer correctement et efficacement toutes les étapes.