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157 licenciements en vue aux Menuiseries Grégoire

Le tribunal de commerce de Paris a choisi hier le fonds d’investissement Prudentia pour reprendre les Menuiseries Grégoire basées à Saint-Martial-d’Artenset (24) et qui étaient en redressement judiciaire. Une reprise qui va s’accompagner de 157 licenciements.
Le couperet est tombé hier après-midi. L’offre du fonds d’investissement Prudentia a été préférée par le tribunal de commerce de Paris à celle du groupe de menuiserie industrielle Lorillard de Chartres dans l’Eure-et-Loire, pour la reprise du groupe Grégoire, basé à Saint-Martial-d’Artenset, à côté de Montpon-Ménestérol. Groupe qui avait été placé en redressement judiciaire le 2 juillet dernier et qui emploie 417 salariés.
Cette annonce a été accueillie par  les salariés avec un soulagement teinté d’amertume, car cette reprise va s’accompagner de 157 licenciements. L’offre de Prudentia ne prévoyait en effet la reprise que de 260 salariés, tandis que celle de Lorillard ne tablait que 210. En outre, Prudentia s’est engagée à abonder au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à hauteur de 100 000 euros, et de 20 000 euros pour financer des formations de poseurs de menuiseries.
Cette offre avait la préférence des salariés de cette entreprise fondée en 1907 et spécialisée dans les portes et fenêtres pour les particuliers et les logements collectifs, un secteur particulièrement concurrentiel qui avait fortement souffert de la crise dans le bâtiment.
Longtemps détenue par la famille Grégoire, l’entreprise avait été reprise en partie en 2007 par le fonds d’investissements Parquest capital, filiale de la banque hollandaise ING. En janvier 2017, la famille Grégoire s’en était totalement désengagée et sa gestion avait été reprise par le cabinet Prosphères, réputé comme étant un chasseur de coût. A l’époque, déjà, la menace de licenciements planait. Ce cabinet n’a visiblement pas réussi à redresser la barre d’un navire qui partait en perdition, puisque malgré des commandes, le groupe Grégoire perdait de l’argent. Son chiffre d’affaires, annoncé à 63 millions d’euros, était en recul et son excédent brut d’exploitation était négatif.
Reste que pour les salariés du groupe Grégoire, en vacances annuelles pour trois semaines, la pilule est amère à avaler. Ils dénoncent de mauvais choix stratégiques de la part de la direction, choix qui ont conduit aux difficultés financières dont les conséquences humaines se payent aujourd’hui cash. La colère et l’amertume est d’autant plus forte que ni ING, ni la famille Grégoire n’ont souhaité abonder dans le PSE. De fait, les salariés qui se retrouveront sur le carreau devront se contenter uniquement du minimum légal. A cela s’ajoute le refus par l’Etat de participer à une cellule de reclassement.
« Grâce à la loi Macron, un groupe peut se séparer d’une filiale qui perd de l’argent sans verser un centime au PSE », peste Yves Dangeleau, délégué CFDT du groupe Grégoire. « Ils ont pu pomper de l’argent pendant des années et quand ça a commencé à aller mal, ils ont pu faire leurs valises et partir sans rien dire », renchérit Paolo Triglia, délégué Unsa. Les premières lettres de licenciements devraient partir d’ici la fin du mois d’août. Un nouveau coup dur pour l’emploi industriel en Vallée de l’Isle, déjà fortement sinistré ces dernières années, en particulier dans le secteur de la chaussure.
Ewen Cousin

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