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Les salariés ne déposent pas les armes

GM&S Industry

Impassible comme la garde royale britannique, tout en mâchoire et en carapace, un régiment de CRS bouclait samedi l’entrée de la rue Martin-Nadaud à Guéret. Dépêchés en nombre pour faire leur boulot, ils se trouvaient face de simples ouvriers tout en blouse et en T-shirt qui ne demandaient qu’à défendre le leur.
C’est une habitude depuis quelques temps. Où qu’aillent les salariés de GM&S, ils sont attendus par les forces de l’ordre comme des criminels des plus dangereux, ou pire, comme des chiens. Une attention qui n’est pas celle qu’on accorde en tant normal à des victimes.
Depuis l’annonce, les autorités considèrent le problème réglé : l’ancien député était présent auprès des salariés, pas le nouveau. « Le rôle des politiques est de soutenir l’aménagement du territoire. En ne venant pas aujourd’hui, le député ne tient pas ce rôle », souligne le délégué CGT Vincent Labrousse. Quant au préfet, avec lequel comptaient s’entretenir, les salariés ont dû l’attendre un petit moment, relégués derrière le Salon de l’habitat et l’inauguration d’un étang à Lizière. « Il faut croire que 156 personnes dans la misère, ça ne l’intéresse pas », lâche un salarié à cette annonce.
« Depuis qu’on est rentré de congé, il n’y a pas eu une rencontre avec la cellule de crise », rappelle Vincent Labrousse. « La reprise de l’entreprise, c’est une chose, la faire fonctionner, c’en est une autre. On veut une reprise pérenne. » Pour garantir le chiffre d’affaires de 23 millions d’euros escompté, c’est 170 salariés qui sont nécessaires, pas 120.
« Ce n’est pas une illumination de syndicalistes, c’est une réalité économique. Si on était 283, c’était pas pour enfiler des perles. Il y avait une exigence qualité. C’est pour ça qu’il y avait des gens dans les bureaux », poursuit le délégué syndical qui voit dans la reprise à 120, la remise en cause de la diversification - jusque-là valorisée et encouragée par les différents acteurs du dossier - et dans la foulée un site complètement dépendant de Renault et PSA. Les 120 annoncés comme sauvés sont simplement en sursis...
Quant aux 156 envoyés au rebut, ils entraîneront avec eux leur familles, leurs communes, leurs écoles, leurs commerces, leurs territoires. C’est ainsi que la mobilisation de soutien comptait, des ouvriers d’autres boîtes et des citoyens lambda, des membres de la CGT, du PC, des Insoumis ou encore de la confédération paysanne. « Nous sommes ici pour apporter un soutien humain »,  insiste son porte-parole, Jean-Bernard Teuma, indigné par la manière dont les salariés sont traité certains après 30 ans de carrière, « mais aussi pour rappeler aux paysans de la Creuse, que ce qui arrive aujourd’hui à GM&S, avec Renault et Peugeot qui achètent à l’extérieur, va leur arriver demain avec le CETA... »
Mais qu’elle comptait, en revanche, trop peu d’élus... Des élus que Yann Augras cherche à relancer via leur attachement à l’école : « Les salariés de GM&S vont rejoindrent les emplois aidés. Ces chômeurs, ce sont des familles, des enfants qui vont partir... Et bordel de merde, une commune qui n’a pas d’école, elle est morte », assure le représentant  CGT qui exhorte les élus quelle que soit leur orientation à se mobiliser. « C’est dans la rue que ça se passe, pas derrière le cul à Macron. »
« Est-ce qu’on va revenir aux temps des seigneurs ? Nos enfants méritent pas ça. À la tête de l’Etat, ils ne sont qu’une poignée. On peut inverser les choses », appuie Yann Augras. Les salariés, qu’ils soient repris ou non continueront à se battre. Une association de soutien aux salariés de GM&S va, par ailleurs, être activée prochainement pour continuer la lutte, maintenir la solidarité et apporter un soutien juridique aux salariés.
À noter, enfin, que la possibilité d’une reprise à plus de 120 avec le recours à du chômage partiel le temps que le volume de production reprenne, serait étudiée à Bercy.

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