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Le respect de la vieillesse

Social

L’hôpital est toujours malade, et ses soignants le criaient encore haut et fort dans la rue hier, à l’appel de la Cgt, avec rassemblement, entre 13 h et 15 h, sur le rond-point à l’entrée de l’hôpital de Périgueux. Cette fois-ci, c’était les conditions de travail et d’accueil dans les Ehpad qui étaient dénoncées.

Les maisons de retraite, aujour-d’hui appelées Ehpad (pour établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), ne devraient plus être les « mouroirs » des années 50/60. En effet, notre société a évolué, et on a pu croire un moment que l’être humain, le citoyen, recevrait de la part de l’état tout le respect qui lui est dû, et que dans ses vieilles années, il serait choyé grâce aux progrès de la prise en charge, des soins, et d’un meilleur accompagnement du vieillissement. Las, aujourd’hui, on se croirait revenu 60 ans en arrière. Certes, les bâtiments sont plus jolis, il n’y a plus de chambres collectives, même s’il en subsiste encore des doubles dans les établissements les plus anciens, des animations sont régulièrement organisées, mais au quotidien, le tableau est beaucoup plus noir. « Devant le manque criant de moyens humains et matériels, on perd le sens du prendre soin tel qu’on devrait le faire, que notre coeur nous le dicte, ainsi que notre conscience professionnelle » confie une soignante venue sur ses repos manifester pour la défense du sens de son travail. « Nous n’arrivons plus à mettre de l’humanisme dans nos rapports avec les résidents, alors que les personnes âgées ont besoin d’un accompagnement psychique et moteur, pas que d’être lavées, habillées et nourries ».  Dans leur immense majorité, les soignants qui interviennent en Ehpad ont choisi cette affectation, en se faisant une certaine idée de l’importance de leur mission, vite ravagée par les réalités des conditions de travail. « Nous sommes là pour accompagner les personnes jusqu’à leur dernier souffle, afin qu’elles finissent leurs jours dans le respect et la dignité ». ça, c’est leur motivation. La réalité, elle est tout autre. « Nous sommes maltraitants malgré nous. Quand nous disposons de moins de 15 minutes pour effectuer une toilette, habiller la personne et la mettre dans son fauteuil, comment ne pas la bousculer et la presser ? Pour nous, c’est intolérable ». Quelques retraités qui avaient manifesté le matin (voir page suivante), les avaient rejoint, en expliquant :  « peut-être qu’un jour, nous serons en Ehpad. Nous avons des amis qui y sont, et ce n’est pas terrible. Le manque de personnel est criant, les soignants ont des conditions de travail épouvantables, et en plus ils ont conscience d’être maltraitant, ce qui les met dans une situation psychologique difficile ». Corinne Rey, secrétaire départementale de l’Ud Cgt était présente aux côtés des soignants, qui n’étaient pas bien nombreux sur le rond-point et pour la distribution de tracts, car s’ils ont le droit de grève, ils ne peuvent laisser les patients ou les résidents sans soins. Ne viennent donc que ceux qui sont en repos ou en congé... Elle constate un « ras-le-bol général, un sentiment d’injustice profond, qui monte dans la société, et une colère larvée ». Si la population n’hésite pas à montrer son soutien à ceux qui luttent pour de meilleures conditions de vie, de travail, de prise en charge, « pour le moment, elle ne s’implique pas dans nos actions ». Pourtant, tout le monde subit les mêmes avatars, et pour Corinne Rey, le responsable est clair : « c’est le capitalisme, un système consistant à faire toujours plus d’argent, au détriment de l’être humain. Le plus efficace pour se faire entendre, serait une grosse intersyndicale manifestant sur des sujets de fond ».

trois pour 48
Une soignante expliquait que dans son service d’Ehpad, elles sont trois pour 48 résidents à qui, chaque matin, elles doivent apporter de l’aide pour la toilette, l’habillage, avant de les installer pour la plupart sur leur fauteuil. Ce temps de proximité avec les personnes, qui devrait être un moment de bien-être, se transforme donc en course con-tre la montre...

" Des moyens pour les EHPAD "