Les retraités décidés à empêcher la réforme

Réforme des retraites

Mardi 8 octobre, les retraités invitent les actifs à les rejoindre pour manifester contre la réforme des retraites. L’intersyndicale -le G9-24- rappelle en effet que les retraités ont cotisé une vie entière et font partie intégrante de la classe ouvrière.

« Nous rappelons que les retraités sont d’anciens salariés qui ont cotisé : ils font donc partie de la classe ouvrière ». Ils sont venus, ils sont tous là, ceux qui composent l’intersyndicale des retraités de la Dordogne désignée par l’acronyme G9-24 : Jacques Causse pour la CFE-CGC, Claude Hélion pour la fédération des retraités de la fonction publique, Pascal Treneze pour Solidaires, Roger Treneule pour l’ADRA 24, Jean-Louis Bagault et Sylvie Lamontagne pour FO retraites, Jean-Pierre Tricaud pour le CGT retraites. Ils sont venus, ils sont tous là pour dire qu’ils sont «bien décidés, avec les actifs, à ce que le projet de réforme des retaites ne soit pas adopté ». Toutes les organisations syndicales ont autre chose en commun : la rage au ventre, la colère tripale de ceux qui ont le sentiment d’avoit été méprisés. Ils seront dans la rue mardi  8 octobre et ils invitent tous ceux que la réforme des retraites qui se profile ulcère, à les rejoindre à Périgueux devant la bourse du travail, à 10h30 et, à Bergerac, place Gambetta, devant la sous-préfecture à 10h. Une délégation du G9-24 sera reçue par le préfet Frédéric Perissat. Les motions que des communes ont déjà prises pour soutenir les principaux arguments des opposants à la réforme lui seront remises, sachant que, maintenant que les congés d’été sont passés, de nombreux conseils municipaux vont voter la même délibération, quand ce n’est pas déjà fait. En effet, le G9-24 a rencontré le 19 juin le président de l’association régionale des maires de France Alain Castang et son homologue départemental Bernard Vauriac. Ces deux  derniers ont adressé une lettre type aux premiers magistrats pour encourager le mouvement. Au passage, mention spéciale pour le maire de Bergerac Daniel Guarrigue, « à qui l'on rappelera qu’il s’était engagé à mettre au vote une délibération qui mentionne la place et le rôle des retraités dans la collectivité ».

LIRE AUSSI : Chantier de la déviation de Beynac : "Le président du Département Germinal Peiro joue la montre pour des motifs électoraux"

Revendications claires

« Le G9-24 réclame l’indexation des pensions de retraite sur les salaires ! ». En dehors de la symbolique -ce qui n’est pas rien- le décrochage de l’indicateur de référence a fortement participé à « la baisse du pouvoir d’achat » des retraités, qui a dégringolé façon « chute libre depuis 25 ans». Une revalorisation des pensions est également exigée, après un gel couperet. Inévitablement, la suppression de la hausse de la CSG s’impose pour les 9 organisations syndicales... et prière de faire rattraper les pertes enregistrées dès le 1er janvier 2020. Instaurer un minimum de pension « à hauteur du SMIC pour une carrière complète » apparaît du bon sens... guidé par l’impérieuse nécessité au G9-24.

LIRE AUSSI : Violences conjugales à Périgueux : une séquestration dans le pénible scénario

« Des pensions en-deçà des minima sociaux »

« Ce sont les femmes qui seraient les premières victimes de la réforme que le gouvernement entend faire voter ». Logique, dès lors qu’il prévoit, pour calculer le montant des pensions, de prendre en compte « l’ensemble de la carrière ». Ce sont aussi elles d’ailleurs qui pâtissent le plus souvent du faible niveau des pensions de reversion. Et que dire des épouses des agriculteurs ? C’est que le président des retraités de la profession Roger Treneule a revendiqué son appartenance au G9. « Nos retraites sont inférieures aux minma sociaux ». En moyenne, « après une carrière complète de chef d’exploitation, un agriculteur retraité perçoit une pension de 855 €... soit aussi 8 € en-deçà du minimum vieillesse ». Son épouse doit faire avec 550 €. Roger Treneule a expliqué que les agriculteurs retraités illustraient eux aussi le sentiment de trahison que le Président Emmanuel Macron inspirait. « Où sont passés les engagements de Bruno Le Maire, d’Edouard Philippe ? ». La déclaration de Christophe Castaner devant le Sénat lui tourne encore la tête. « Ce n’est pas un soir de mars qu’on allait décider de l’augmentation des pensions». Jean-Pierre Tricaud a en outre rappelé que notre territoire était notablement impacté par le projet du gouvernement. « En Dordogne, environ 35 % de la population a plus de 60 ans... ».  Pour les retraités de la fonction publique Claude Hélion a secoué la tête, en signe de désarroi. « Cette société n’est pas fichue de réfléchir aux retraités ». A entendre l’intersyndicale, la manifestation de jeudi 8 octobre devrait mobiliser très large.

Fabienne Ausserre 

Attention, en cas de pluie, les manifestants se réuniront dans la grande salle de la Bourse du travail. Sinon, rendez-vous devant le bâtiment et cap en défilé sur la préfecture.