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Patients et soignants en danger

Social

Hier, l’intersyndicale CGT, CFDT, FO menait une action sur le rond-point de l’hôpital avant de manifester jusqu’à l’ARS où une délégation devait être reçue. Ils ont ensuite continué à tracter sur le rond-point de l’hôpital afin de sensibiliser les usagers. Ils demandent davantage de moyens humains pour le service des urgences.
Le personnel des urgences de l’hôpital est mobilisé depuis le 17 juin et en grève depuis le 24.
S’il s’agissait d’une journée de mobilisation nationale, localement aussi les syndicats en ont gros sur le cœur, les difficultés s’aggravent au quotidien et ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme depuis des années.
Annabelle Fagué est infirmière aux urgences de l’hôpital de Périgueux depuis 2011, « et depuis le nombre de passages aux urgences ne cesse d’augmenter sauf que l’effectif ne suit pas. Nous sommes régulièrement en sous-effectifs suite à des arrêts, parfois de longue durée, qui ne sont pas anticipés et des congés maternité non remplacés », explique-t-elle.
« Dernièrement nous avons eu trois aides-soignants de jour en arrêt qui n’ont été compensés que par une personne et un arrêt d’aide-soignant de nuit non
compensé ». Et ces problèmes d’effectifs touchent tous les postes, « il y a aussi un problème de brancardage la nuit, des aides-soignants sont obligés de brancarder des patients et de laisser l’infirmier seul avec une charge de travail très importante puisqu’il doit prendre en charge les entrées, nurser les patients, prendre des constantes, réinstaller les patients, répondre au téléphone, renseigner les familles, appliquer les prescriptions etc. On en a marre de travailler comme ça, car c’est de la maltraitance. Donc nous disons stop aux fermetures de lits car les gens stagnent dans les couloirs. ça crée une surcharge de travail pour nous et ça met les patients en danger car on ne peut les surveiller correctement dans les couloirs ».
Actuellement le service des urgences de jour compte six infirmières et quatre aides-soignants. Celui de nuit, quatre infirmières pour trois aides-soignants. « Nous souhaiterions tendre vers le référenciel Samu Urgence France et nous avons rencontré vendredi dernier la direction pour des négociations, il y a eu des avancées, car on nous propose un aide-soignant de plus de nuit. C’est mieux mais ce n’est pas suffisant. Nous avons demandé  à travailler en binôme avec un aide-soignant ce que nous n’avons pas le jour donc nous demandons a minima un poste d’aide-soignant en plus le jour », poursuit Annabelle Fagué.
Le référenciel Samu Urgence France préconise pour un service d’urgence de la taille de celui de Périgueux (35 654 passages en 2018) un minimum de six infirmières jours 24/24 h et huit aides-soignants 24/24 h hors des circuits courts (hospitalisation de moins de dix jours). Quand aux aides-soignants, ils devraient être à sept en permanence.
Quant aux médecins, ils ne sont guère mieux lotis puisque comme l’a soulevé Marie-Claude Varaillas lors de la cession du conseil départemental de la semaine dernière où le groupe PCF/FDG a proposé une motion de soutien aux personnels hospitaliers (lire l’Écho du 27 juin), « sur 29 postes budgétisés par l’ARS, ils ne sont que 17 équivalents temps plein ».
Pour Marietta Marty du syndicat CGT du centre hospitalier, « les médecins urgentistes avec le Samu et les urgences devraient être six en permanence et à l’heure actuelle, ils tombent à trois. Il suffit donc qu’il y ait une sortie Samu et un problème à la régulation et on n’a plus qu’un médecin pour toutes les urgences ».
Et la situation traîne depuis des mois, même plus. « Le service s’autogère depuis trois ans en rappelant des collègues sur le temps de repos pour faire des heures supplémentaires sachant qu’ils travaillent par tranche de douze heures. Cela crée de la fatigue et finit par entraîner des arrêts de travail. Et les infirmiers que l’on recrute font systématiquement l’alternance jour et nuit ce qui d’une part n’aide pas au recrutement et d’autre part entraîne très rapidement de la fatigue ». Si aucun chiffre officiel n’est disponible, plusieurs seraient les infirmiers à s’être déjà mis en disposition.
« Nous sommes aujourd’hui dans l’insécurité au niveau des patients car lorsque vous avez 20 personnes dans les couloirs, comment voulez-vous les surveiller comme il se doit ? », poursuit Marietta Mary. Mais les personnels aussi se trouvent dans l’insécurité du fait de la fatigue qui gagne du terrain de jour en jour, « en tant que soignant, c’est un problème de conscience, avec la fatigue on peut commettre une faute, on vit donc dans cette angoisse permanente. Dernièrement nous nous sommes retrouvés avec plus de 20 patients dans les couloirs et nous avons dû rouvrir l’ancienne salle de déchoc qui sert à accueillir des gens avec de graves pathologies, cardiaques, AVC ou encore victimes d’accidents de la route ».
Et Marietta Mary dénonce également la sous-évaluation des besoins des urgences en terme d’effectif. « Depuis l’ouverture des nouvelles urgences en 2011-2012 la direction n’a pas réévalué le nombre de passages aux urgences alors qu’on devrait le faire chaque année au mois de janvier pour définir l’enveloppe nécessaire en terme d’effectif à solliciter auprès de l’ARS ». Une problématique cumulée avec la fermeture de lits,
« avec la seconde tranche des travaux de l’hôpital, ce sont 50 lits qui auront été fermés tous services confondus. Sans compter ceux que l’on ferme temporairement durant l’été par manque de présence médicale. Et pourtant c’est une époque charnière avec des touristes plus nombreux et des pathologies dues à la chaleur. Sans parler du manque de médecins de ville aujourd’hui certains ne consultent plus dès le vendredi. Tout ce monde se retrouve aux urgences et celles de la clinique Francheville ne prennent pas tout le monde, tout ce qui est spécialités comme la cardiologie, la pneumologie, la neurologie où la réanimation est redirigé vers nous ».
Tous ces facteurs cumulés engendrent des conditions déplorables pour le personnel soignant. Et quand c’est lui qui sera malade, qui prendra soin de nous ?

Philippe Jolivet

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