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Ils veulent l’abrogation

Social

Samedi environ 90 personnes se sont rassemblées devant le Palais de Justice de Périgueux avant de défiler dans les rues de Périgueux pour défendre le droit fondamental à manifester alors que l’article 3 de loi dite « anticasseurs » du gouvernement d’Édouard Philippe  a été retoquée par le Conseil constitutionnel.

Cette manifestation avait été lancée au plan national par la Ligue des droits de l’Homme et avait été relayé par une cinquantaine d’organisations. Franck Merlin Anglade a tout d’abord pris la parole au nom de la LDH, estimant que « si la loi est votée par le Parlement au nom du peuple français, elle ne peut et elle ne doit pas porter atteinte à la libre expression du peuple. La loi adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit à manifester reste malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs. Les violences contre les personnes, les biens, les institutions qui ont eu lieu ne peuvent justifier que l’exécutif s’arroge des pouvoirs exorbitants. Participer à une manifestation ne saurait signifier le risque pour chacun et chacune d’entre nous d’être poursuivis, fichés et condamnés pénalement comme financièrement ». Et même si l’un des articles a été censuré d’autres volets de cette loi ne sont pas du goût des manifestants « soumettre les participants et participantes à une manifestation à une fouille systématique, faire d’un visage en partie couvert un délit, persister dans l’usage d’armes qui mutilent, voici l’esprit et la lettre des mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel à la démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion. Cette loi de circonstance porte un lourd risque d’arbitraire des gouvernements d’aujourd’hui comme de demain, nous en demandons l’abrogation ».
Parmi les manifestants, une trentaine de Gilets jaunes dont Marie-Anne qui a pris la parole en leur nom et en donnant rendez-vous à leur quartier général de Trélissac, « nous allons décider d’un rond-point sur lequel nous mettre afin de filtrer pour distribuer des tracts sur lesquels nous rappelons nos revendications et nous renouvellerons cette opération dimanche. Nous allons essayer de remettre ce type d’action en place pour
montrer aux gens qu’on est encore là. Nos revendications, on nous dit qu’on ne les connaît pas alors que ce sont les mêmes depuis le début même si bien sûr d’autres se sont ajoutées comme la liberté de manifester et l’arrêt des violences policières et gouvernementales ».
Une loi qui est inacceptable pour Corinne Rey, secrétaire départementale de la CGT « dans cette restriction a manifester on sent la volonté  d’utiliser les pseudo violences qui ont toujours existé. Mais ça ne règle pas les violences policières qui ont été très agissantes. ça sert simplement à faire taire le mouvement social. Laisser penser que les manifestations c’est dangereux et illégal c’est honteux alors que c’est la démocratie. Le débat politique et démocratique, il se passe aussi dans la rue. Le meilleur moyen pour qu’il n’y ait plus de manifestations et pour avoir une « France apaisée » comme il dit, c’est de répondre aux revendications et ça ça ne prend pas très longtemps, c’est un acte législatif assez rapide. Alors bien sûr on a retiré de cette loi la partie qui était anticonstitutionnelle car à la place d’un acte judiciaire c’était un acte policier, mais il reste quand même des choses qui  nous dérangent beaucoup. Les visages masqués, les fouilles systématiques c’est liberticide et d’entrée de jeu le manifestant est considéré comme suspect. Aujourd’hui bien sûr cette manifestation a pour but d’attirer l’attention sur la situation, mais le vrai moyen de tester cette loi c’est que les gens participent en masse aux manifestations et entre autres à celle du 1er mai ».
Teddy Guitton a également pris la parole hier matin au nom de la FSU et de la CGT qui, si elles aussi demandent l’abrogation de la loi, se félicitent de la censure du Conseil constitutionnel, « C’est  un  véritable  camouflet  infligé  au  gouvernement Philippe car cette  disposition permettait d’interdire à une personne de  manifester  sur  la  base  de  simples  suspicions. Il s’agissait d’un  outil  dangereux  à  disposition  des préfets, portant atteinte à la liberté fondamentale de manifester de l’ensemble des citoyens. L’occasion  de  rappeler  au Gouvernement que nous sommes encore dans un État de droit et qu’au lieu d’empêcher le peuple de manifester il serait temps de l’écouter. Les  dérives  autoritaires  du  gouvernement sont sanctionnées. Le  Conseil  constitutionnel  a  rendu  sa décision en jugeant inconstitutionnelle l’une des mesures emblématiques les plus contestées : les interdictions  administratives  de  manifester ».

¨Philippe Jolivet