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18:44Creuse : Les ex GM&S ne veulent pas se rendre invisibles | L'Echo https://t.co/4rYUPrXUOt via

Explosion des passages à l’acte

Société

Alors que les actes de violences se multiplient contre certains citoyens considérés par ceux n’ayant aucune ouverture d’esprit comme différents car Lgbt, des rassemblements sont organisés, tous les mercredis du mois de novembre à 14 h devant l’arbre de la Liberté à Périgueux pour les dénoncer.

Une vingtaine de personnes se sont retrouvées hier en début d’après-midi devant l’arbre de la Liberté à Périgueux, pour protester contre les violences et la discrimination dont sont victimes les personnes Lgbt.
Le premier rassemblement, la semaine dernière, avait été suivi par cinq personnes. Il y en avait qua-tre fois plus hier, dont un groupe de lycéens de Laure-Gatet qui ont appris la manifestation par les réseaux sociaux, et ont décidé de s’y rendre pour soutenir le combat mené par le collectif Lgbt 24 et toutes les associations qu’il regroupe. La mésaventure vécue lundi par Erwan-Eva Dubarry et largement relayée par ces réseaux, a en effet démontré les difficultés que ces citoyens peuvent rencon-trer au quotidien. Pris à partie sur facebook par un homme visiblement homophobe, avec des propos qui plus est menaçants, il a souhaité porter plainte, mais n’a pas reçu au commissariat l’accueil auquel il aurait été en droit de prétendre. « J’ai montré les copies d’écran que j’avais effectuées, mais l’officier de police m’a demandé ce que je voulais qu’il fasse de ça, avant d’affirmer n’y voir aucun propos homophobe » explique Erwan-Eva Dubarry. « Je me suis senti désarmé, j’ai commencé à bafouiller et je suis parti avec les larmes aux yeux ». A l’heure où les agressions homophobes se multiplient à travers le pays, deux rien que la semaine dernière, à Paris et Toulouse, pour ne parler que des plus graves, il a ressenti cet accueil comme du mépris, ne se sentant pas protégé en tant que citoyen par ceux dont c’est pourtant la mission première. Mais dès le lendemain, il était appelé par un officier supérieur qui lui proposait de venir, et a pris sa plainte. Il faut dire qu’entre temps il avait raconté sa mésaventure sur les réseaux sociaux, et les soutiens ne se sont pas fait attendre, à commencer par Cédric Testu, membre de Contact et Aides Dordogne, Flag, l’association des policiers et gendarmes Lgbt, ainsi que par le PCF et Génération.s, qui étaient représentés hier au rassemblement, avec le Ps, et Femmes solidaires Dordogne dont la présidente périgourdine, Pascale Martin, a affirmé le soutien total de son association face à « ce que vous dénoncez et défendez. Nous avons des résistances à mettre en commun ». Le rapport de la Dilcrah (Délégation interministérielle pour la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-Lgbt) met en avant une augmentation inquiétante des actes violents contre les citoyens Lgbt en 2017, « et depuis janvier, c’est une explosion d’agressions qui ont été jusqu’au meutre, à Paris au mois d’août, d’une femme transgenre. Pour le Délégué interministériel, tous les voyants sont au rouge dans le domaine des discriminations ». Il semble au final que la première démarche d’Erwan-Eva Dubarry pour déposer plainte ait été mal comprise par le policier chargé de le recevoir, ce qui peut expliquer que devant cette incompréhension prise par le plaignant pour de la mauvaise volonté, il se soit senti totalement méprisé. Depuis, sa plainte a été prise, et il reconnaît que l’accueil du commandant auquel il a eu à faire, et l’attention que la commissaire divisionnaire a porté à ses explications l’ont rassuré sur l’action de la police. « La commissaire m’a expliqué que sur les questions Lgbt, beaucoup d’entre eux manquaient encore de formation. Je le concède » conclut-il. Il tient à remercier la préfecture, qui a réagi dès le lundi soir, tout en « trouvant dommage d’être obligé de passer par ce barouf sur les réseaux sociaux pour pouvoir déposer plainte. ça aurait pu bien se passer. Maintenant, j’espère qu’il y aura des suites ». Il sait maintenant qu’il a, comme tout un chacun, lui aussi droit à la protection des forces de l’ordre, et souhaite que désormais, les plaintes pour discriminations, insultes ou menaces subies par les citoyens Lgbt et tous ceux faisant partie de minorités, soit réellement écoutées.