Mobilisation pour l’interdiction des pesticides : Audrey, Clara, Greg et les autres...

Depuis le 1er octobre 2018, le collectif «Nous voulons des Coquelicots» de l’agglo se réunit devant la mairie de Limoges chaque 1er vendredi du mois, pour collecter des signatures et lancer un appel à «se bouger» pour l’interdiction des pesticides de synthèse. Avec à chaque rencontre, un exposé thématique.

Insecticides, fongicides, herbicides, molluscicides utilisés essentiellement en agriculture «mais aussi à très grande échelle pour désherber les places publiques, les rues, et les voies ferrées de la SNCF»... souligne Hugues Leray, animateur du collectif : autant de fossoyeurs de plantes, de cham-

pignons, d’insectes, d’animaux, dont les militants ont porté les cercueils symboliques, tout au long d’une marche funèbre de la mairie jusqu’à la préfecture de Limoges.

«Des arrêtés anti-pesticides, il en tombe chaque jour en France détaille Hugues Leray. En Haute-Vienne, après Rilhac-Rancon, un second est en cours. Ils sont considérés comme illégaux et systématiquement attaqués par les préfectures, car la compétence sur la question des pesticides relève de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) soit de l’Etat. L’important c’est la symbolique, pour mettre le sujet en débat sur la place publique. Aujourd’hui, il est sur la table». Choix de société, de civilisation : les militants proposent au minimum le doublement du nombre d’agriculteurs, voire leur triplement, comme le préconise la «Confédération Paysanne». «La Conf’ a rejoint notre appel, et d’autres, car mine de rien, on arrive à casser les lignes poursuit Hugues Leray. Les maladies dites de civilisation sont pour beaucoup liées à la chimie et notamment les pesticides. Y compris à la FNSEA, on en convient : agriculteurs et leurs épouses, salariés agricoles, riverains, consommateurs, le nombre de personnes intoxiquées, malades, voire décédées du fait des pesticides en agriculture est considérable». Maladie d’Alzheimer, de Parkinson, nombreux cancers... Les régions bordelaise et cognacaise, de cultures de vignes, sont parmi celles qui comptent davantage de malades de Parkinson qu’ailleurs en France. Idem, pour les animaux, le renard ou le hérisson, qui meurent de faim ou empoisonnés».

La pluie continue n’a pas entamé la motivation des quelques 60 militants, ni empêché de partager vin chaud, tisanes et gâteaux maison devant la préfecture. En accordéon et chansons, emmenés par des membres de la Chorale Militante d’Uzerche récemment créée par Clara. «C’est la première fois qu’on vient chanter... Nous avons l’intention de converger sur un répertoire commun avec la Chorale des Résistances Sociales pour chanter en nombre. Et les occasions ne manquent pas... Le mois prochain on sera là».

Prochain rendez-vous des «Coquelicots» pour l’interdiction des pesticides vendredi 1er décembre à 18h30, devant la mairie de Limoges.

I.H.

 

Photo : Présents chaque 1er vendredi du mois à 18h30 devant la mairie, les militants du collectif appellent les citoyens à venir grossir leurs rangs.