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Les professionnels des CIO mobilisés à la rencontre des citoyens

Samedi sur le parvis de la BFM de Limoges, les membres de l’intersyndicale SNES FSU, SGEN CFDT et A& I UNSA étaient mobilisés pour la défense des CIO (centres d’information et d’orientation) menacés dans le cadre du projet de loi Pénicaud «Pour la liberté

Un projet de loi «bien mal nommé» de l’avis des syndicalistes présentes, dont l’examen débute aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Sous la bannière «Touche pas à mon CIO», les mobilisées avaient disposé des documents à l’attention du public auquel était proposé de signer la pétition «pour le maintien des CIO et des DRONISEP».
«Nous sommes ici pour à la fois interpeller sur la situation de nos services et expliquer leur rôle, afin que les gens puissent prendre conscience de l’importance de ce service public. La plus grosse difficulté aujourd’hui, c’est que la menace n’est pas claire explique Françoise Quemener, représentante du SNES-FSU. Le ministre fait évoluer son discours au fil des jours. On parlait au départ d’une suppression pure et simple, puis maintenant du maintien d’un CIO par département, mais rattaché aux établissements scolaires» poursuit-elle. Un non sens pour les professionnels dont les services sont ouvert à tous publics - décrocheurs, exclus, adultes, primo-arrivants, familles aux vécus difficiles dans leur propre scolarité, réticentes à franchir les grilles d’un établissement scolaire. «Nos publics sont multiples, scolaires et non scolaires, jeunes et adultes et ces annonces sous particulièrement préoccupantes poursuit Claudine Boudet, pour le SGEN CFDT. Nous tenons à alerter la population sur les risques de démantèlement de ce service public, et sur une autre menace également  très inquiétante  : la reprise par les Régions de sa mission information». Un projet liant les Régions de France et le MEDEF pour piloter l’information à destination des scolaire. «Ce que nous proposons en CIO est beaucoup plus large et peut permettre à des jeunes d’envisager tout type de formation hors région notamment poursuit Claudine Boudet. Tant les parents d’élèves ques les équipes pédagogiques s’inquiètent de ces décisions précipitées et du flou qui entoure leur mise en place». Les professionnels font également part de leurs inquiétudes au sujet du devenir des antennes actuellement implantées à Bellac, Saint-Junien et Saint-Yrieix.
«Ce projet de loi signe la fin d’une information nationale, exhaustive, neutre, au bénéfice d’une information qui risque d’être orientée vers les métiers en tension, les besoins des entreprises dans une logique d’adéquation formation-emploi qui n’est pas nôtre poursuit Françoise Quemener. Nous tenons à une orientation qui puisse permettre aux élèves et aux jeunes de la mobilité, et pas seulement la connaissance de l’entreprise locale qui propose tel ou tel métier et qui a besoin de recruter de la main d’œuvre pour les mois à venir. Nous nous opposons à ces logiques de court terme, de besoins de l’entreprise qui ignorent les besoins du jeune. La formation doit au contraire lui permettre de s’épanouir, d’évoluer tout au long de sa vie professionnelle à partir d’une base suffisamment solide. Alors que les besoins immédiats d’une entreprise suppose des formations courtes, avec une finalité précise, non transférable ensuite sur d’au-tres métiers ou emplois».
Les syndicalistes annoncent une mobilisation tout au long du mois notamment en direction des parents d’élèves, avec en point d’orgue une action nationale fin juin.
I.H.

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