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Les élections de mi-mandat divisent les Américains

POLITIQUE

Les Américains sont appelés à renouveler aujourd’hui l’intégralité de la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, une partie des gouverneurs ainsi que certains législateurs locaux. Ce scrutin pourrait modifier en profondeur l’équilibre politique du pays.
Remise en question du droit du sol, appel à tirer sur les migrants fuyant le Honduras s’ils « jettent des pierres » sur les militaires…
Depuis plusieurs semaines, Donald Trump ne ménage pas ses efforts pour mobiliser son électorat à l’approche des élections de mi-mandat qui ont lieu aujourd’hui aux États-Unis. Car si son nom ne figure sur aucun bulletin de vote, c’est bien sa politique et sa personnalité qui sont en jeu. En tournée afin de défendre les candidats du Parti républicain, le président n’a pas hésité à accuser l’opposition démocrate et ses électeurs de « vouloir ouvrir les frontières, d’inviter des caravanes d’immigrés aux États-Unis, d’importer le crime », allant jusqu’à affirmer que le vote démocrate équivaut à « laisser la méthadone, le fentanyl, l’héroïne et autres drogues mortelles franchir nos frontières ».
Le président américain a de quoi se sentir pousser des ailes : le chômage, estimé à 3,7% de la population, connaît son taux le plus faible depuis 1969. Les chiffres de la croissance (plus de 4% pour 2018) sont encourageants.
Mais si les Républicains perdent la majorité au Congrès, la cohabitation avec les Démocrates s’annonce houleuse.
Le président pourrait notamment devoir dire adieu à son projet d’aménager un mur entre le Mexique et les États-Unis. Les Démocrates ont en outre annoncé, s’ils gagnent, leur volonté d’ouvrir des commissions d’enquête sur l’argent de Donald Trump. Le résultat s’annonce serré, les Démocrates bénéficiant d’une courte avance dans les derniers sondages.
Une nouvelle génération de candidats progressistes L’opposition a eu de nombreuses occasions de se faire entendre depuis l’élection de Donald Trump il y a deux ans : pour le contrôle des armes à feu, pour la défense de l’assurance maladie, pour la libération de la parole des femmes, contre les discriminations que subissent les Afro-américains, contre les camps de rétention d’immigrants à la frontière mexicaine...
Mais le parti est encore en pleine recomposition. D’un côté, la frange modérée se cherche un nouveau leader après la défaite cuisante d’Hillary Clinton en 2016. De l’autre, une nouvelle génération de candidats progressistes a éclos dans la lignée de Bernie Sanders. Dans son district new-yorkais, Alexandria Ocasio-Cortez, âgée de 29 ans, revendique ouvertement l’étiquette socialiste. Elle a remporté fin juin une victoire inattendue aux primaires contre le baron démocrate local et est quasi assurée
de devenir aujourd’hui la benjamine du Congrès américain.
Dans le Michigan, Rashida Tlaib, fille d’immigrés palestiniens, est assurée de devenir la première femme musulmane élue à la Chambre des représentants. En Floride, le candidat au poste de gouverneur Andrew Gillum est un autre poulain de « Bernie ». Il avait remporté la primaire en faisant campagne sur un salaire minimum de 15 dollars de l’heure. Dans les élections locales, des candidats socialistes ou soutenus par les Démocrates socialistes américains sont en lice.
Pour ces nouvelles pousses, le scrutin représente un test crucial avant l’élection présidentielle de 2020.
Gabrielle Trottmann