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Le viaduc de Gênes : symbole d’un pays affaibli

ANALYSE

L’effondrement meurtrier du viaduc autoroutier à Gênes, qui a fait au moins 39 morts, 15 blessés et plusieurs disparus, relance le débat sur l’état des infrastructures en Italie.
Le viaduc de Gênes est le 5e pont à s’effondrer en Italie en cinq ans : deux en Sicile en 2014, dont l’un le lendemain de son inauguration, et deux autres en Lombardie et dans les Marches en 2017. Ces accidents impressionnants n’avaient cependant fait que trois morts.
Cette série « prend un caractère de régularité inquiétante », a relevé Antonio Occhiuzzi, expert à l’Institut de technologie des constructions au Centre national de recherches (CNR). En raison de son relief accidenté, l’Italie compte quelque 45.000 ponts, viaducs ou tunnels, dont un tiers sur les 6.000 kilomètres d’autoroute du pays, selon la presse.
Des ouvrages de plus de 50 ans
« Une grande partie des infrastructures italiennes comme les ponts routiers ont plus de 50 ans, la durée de vie utile des ouvrages en béton armé réalisés avec les techniques disponibles » à l’époque, a expliqué M. Occhiuzzi dans une note sur le site du CNR. « Des dizaines de milliers de ponts en Italie ont dépassé aujourd’hui la durée de vie pour laquelle ils avaient été conçus et construits », et nécessitent d’être rénovés, a-t-il prévenu.
Tel est clairement le cas d’un autre « pont Morandi » près d’Agrigente en Sicile, conçu comme le viaduc de Gênes par l’architecte Riccardo Morandi, et fermé à la circulation depuis le printemps 2017 car il n’est plus suffisamment solide.
Les travaux de rénovation en diminution A Rome, des experts rappellent aussi la fragilité du pont de la Magliana sur le Tibre, emprunté chaque année par 20 millions de véhicules. Le ministre des Finances, Giovanni Tria, a évoqué mercredi « la nécessité absolue d’un grand plan d’investissements publics dans les infrastructures, auquel le gouvernement est en train de travailler ». Les travaux de rénovation et construction
de routes ont diminué de près de 12% durant les six premiers mois de l’année, selon la Siteb, qui regroupe 250 entreprises liées aux infrastructures routières. Et ce après une décennie noire pour le secteur, passé de 45 millions de tonnes de bitume utilisés par an en 2006 à une moyenne de 23 millions ces trois dernières années.
Les ponts ne sont pas le seul point faible de l’Italie, de l’école qui s’effondre après un séisme de moyenne intensité (26 enfants tués dans les Pouilles en 2002) au train qui déraille sur une voie ferrée bricolée (trois morts et des dizaines de blessés en janvier à Milan).
« L’Italie est un pays qui a été construit dans les années 1960, abandonné dans les années 1990 et qui a commencé à s’écrouler il y a 10 ans. C’est pourquoi nous avons cessé de croire au progrès », résumait mercredi avec amertume Antonio Polito, éditorialiste du grand quotidien Corriere della Sera.
F.V avec AFP

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