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La solidarité pas assez au rendez-vous

CLIMAT. La COP doit notamment se pencher sur les moyens pour atteindre les objectifs. Le cas du Congo montre que la solidarité internationale n’est pas toujours au rendez-vous.

COP 23
«Les efforts de la République démocratique du Congo pour protéger les forêts se sont pas suffisamment rétribués par la solidarité internationale. Le pays s’attendait à des financements conséquents pour mettre en oeuvre des projets de développement en faveur des communautés locales et d’une agriculture durable qui limite la déforestation. L’Etat n’a pas les moyens ». Joseph Katenda est ministre
de l’Environnement en RDC. Il profite de la COP23 à Bonn pour lancer un appel international.
Les dernières recherches scientifiques et une mission menée par Greenpeace sur le terrain plaident en sa faveur. Ce n’est en effet que très récemment que les scientifiques ont pris la mesure de ce que représentaient les tourbières présentes dans la cuvette centrale du bassin du Congo. « Nous avons publié pour la première fois cette année une carte qui montre qu’elles couvrent 145.000 km2, soit une zone un peu plus grande que l’Angleterre. Nous pensons qu’elles stockent environ trente milliards de tonnes de carbone » explique Simon Lewis, auteur d’un premier article publié dans la revue Nature en février dernier et aujourd’hui expert scientifique d’une mission organisée sur site par Greenpeace. Or, 30 milliards de tonnes de carbone, c’est l’équivalent des émissions d’énergie fossile de la terre entière sur trois ans, de 20 années d’émission des Etats-Unis, pays pollueur s’il en est.
« Si les tourbières s’asséchaient, si elles étaient transformées en espace agricole, le carbone stocké dans les sous-sols seraient relâché dans l’atmosphère et cela aggraverait le problème du changement climatique » explique encore Simon Lewis. Autrement
dit, cela porterait un coup fatal à l’accord de Paris.
Responsable du « projet forêt » de Greenpeace, Matt Dagget mise sur les villageois pour contrer la spirale infernale de l’agriculture intensive, irrigation, déforestation, construction de routes, assèchement des tourbières... « Que les communautés continuent de faire ce qu’elles ont toujours fait : pêcher, vivre dans les forêts, c’est la meilleure manière de les protéger » assure le militant.
Les ratés de l’AFD
Mais si le message peut facilement passer auprès des quelques centaines d’habitants du village de Lokolama ou Greenpeace a réalisé
une mission, la misère est aussi parfois un puissant contre-argument.
« Tout le monde fait pression sur la forêt » déplore ainsi un habitant, Valentin Engobo, représentant des peuples autochtones de Lokolama. « Au lieu de créer des activités génératrices de revenus afin de donner un peu de repos à la forêt, nous la détruisons afin de chercher des moyens de survie » ajoute-t-il en lingala, l’une des quatre langues nationales de la RDC en plus de la langue officielle, le français.
Le sujet a déjà défié la chronique quand l’Agence française de Développement (AFD) a voulu co-financer un projet de gestion durable
des forêts. Il s’agissait en effet d’une relance de l’exploitation industrielle des forêts pour éviter de la déforestation envisageant de multiplier par trois les concessions.
Une mobilisation de militants autant que de scientifiques a permis d’y mettre un point final via notamment l’opposition ferme de la Norvège cet été lors d’une réunion organisée à Kinshasa .
A.S. avec AFP

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