Fil info
20:21 Belle brochette de vainqueurs
18:35 Une délégation était reçue cet après midi à l'Elysée. S'ils ont pu apporter leur argumentaire les salariés... https://t.co/MmkW7ksHSk
18:29 les salariés sortent amers de la réunion à l'Elysée. Le président n'est pas venu et rien n'en est sorti. "C'es… https://t.co/g6WceuNFDs

Les manifestations continuent pour le développement du Rif

AL HOCEÏMA. Nouvelle soirée de manifestation sous haute surveillance. Aucun incident et une dispersion avant minuit.

MAROC
Dans la nuit, les gyrophares multicolores des camions blindés de la police marocaine contrastent avec les flashs blanchâtres des téléphones portables brandis en signe de défi par les manifestants d’Al-Hoceïma. A bonne distance des forces anti-émeutes, des grappes de protestataires, principalement des jeunes, sont assis en cercle sur la chaussée.
Pour la treizième nuit consécutive après la rupture du jeûne du ramadan, Al-Hoceïma la rebelle, dans le nord du Maroc, était en effervescence jeudi soir. Quelques centaines d’habitants du quartier populaire de Sidi Abed ont bravé les cordons de policiers qui quadrillent les coins de rue, casques sur la tête et protégés derrière leur bouclier. « Liberté pour les prisonniers ! », crie la foule, qui se dresse debout, les bras croisés vers le ciel, faisant mine d’avoir les mains menottées.
« Nasser Zefzafi est notre leader ! », clame une quinquagénaire, en référence au chef du mouvement populaire, interpellé le 29 mai et accusé aujourd’hui « d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat». « Nous réclamons sa libération et celle de tous les détenus, nous ne reculerons devant rien pour cela », martèle cette femme habillée d’une ample djellaba noire, un drapeau berbère sur les épaules. Elle dit avoir participé aux manifestations à Al-Hoceïma depuis leur début, il y a près de sept mois.
Quelques rares voitures s’aventurent près des manifestants, klaxonnant au rythme des slogans, sous les applaudissements et les youyous de femmes amusées. Des enfants accompagnent leurs parents dans la rue et des adolescents filment par les fenêtres le rassemblement.
Des immeubles voisins aux volets complètement baissés semblent inoccupés. « Beaucoup de gens originaires d’ici vivent en Europe et possèdent des maisons à Al-Hoceïma », explique un habitant de ce quartier populaire où l’on attend, comme chaque été, l’arrivée pour les vacances de ces milliers d’émigrés, dont les transferts d’argent font vivre une bonne partie de la ville.
Une lutte pacifique En contrebas du rassemblement, au bout de la rue, les policiers - très nombreux - n’interviennent pas. « C’est parce qu’il y a beaucoup de journalistes ce soir, autrement, ils n’auraient pas hésité à nous tabasser », affirme un manifestant. Ils bloquent cependant l’accès au quartier. A Al-Hoceïma, la plupart des habitants disent soutenir le mouvement de contestation, qui revendique le développement du Rif. Tous insistent sur le caractère « pacifique » de leur lutte : « silmya » (le mot en arabe) répètent-ils en boucle. Ils rejettent les tentatives de médiations des associations et responsables locaux. « On veut que le roi intervienne », soulignent beaucoup d’entre eux. Jeudi en fin d’après-midi, pour la première fois depuis une dizaine de jours, des heurts ont toutefois éclaté entre jeunes et policiers, signe de la tension qui prévaut par moments dans la ville. Des protestataires ont été repoussés sans ménagement par des policiers, et plusieurs d’entre eux ont alors lancé des pierres sur les forces de l’ordre. Peu avant minuit, le rassemblement commence à se disperser, et certains n’hésitent pas à narguer les policiers : « bye-bye et à demain
», lancent-ils sous leur nez.
Avec AFP

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.