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Corbyn empêche la majorité absolue pour May

ELECTIONS. Les Tories n’ont plus la majorité, les Travaillistes gagnent une trentaine de sièges : le pari de Theresa May - qui voulait une majorité affirmée et des opposants laminés - est complètement raté.

Un pari totalement raté. La Première ministre britannique Theresa May avait convoqué des élections générales anticipées pour s’assurer une majorité plus confortable à l’heure de négocier un Brexit qu’elle voulait dur et laminer son opposant travailliste, le résultat a été le strict inverse. Elle a perdu la majorité dont elle bénéficiait, les 17 sièges perdus la faisant passer sous la barre des 326 et les Travaillistes comptent désormais une trentaine de sièges supplémentaires.
Le ratage est tel qu’il fait passer en second plan le fait que les Tories soient encore arrivés en tête.
Même en seconde position, le parti de Jeremy Corbyn a donc réalisé un très bon score alors que c’était une véritable bérézina qui lui était prédit il y a encore quelques semaines. L’électorat de ses bastions traditionnels des grandes villes du nord a répondu à l’appel, avec des proportions pouvant atteindre les 70 % dans certaines circonscriptions de Londres et les jeunes tout acquis à sa cause se sont effectivement mobilisés.
Mais pas seulement. L’inconnue UKIP « La grande inconnue était ce qu’allaient faire les électeurs de l’UKIP qui est en chute libre » campe Philippe Marlière, politologue enseignant à l’University College of London. L’UKIP a confirmé sa déchéance, passant de 15 à 5 % des voix et perdant au passage le seul siège qu’il détenait dans la chambre sortante, mais les électeurs ne se sont pas tous reportés sur les Tories. « Une analyse des circonscriptions où l’UKIP était très fort en 2015 montre un report des voix en égale proportion entre les Conservateurs et les Travaillistes. Cet électorat souvent populaire mais plutôt classé à droite a donc fini par considérer que les questions de la sécurité de l’emploi, des services publics
portées par Jeremy Corbyn étaient plus importante que son rejet de l’Europe qui devait servir de base à son retour dans le giron de Theresa May ». Autre point saillant selon le politologue, la percée dans le sud du pays : « où certaines circonscriptions, qui avaient pu être séduites autrefois par Blair, sont traditionnellement modérées mais ont pu entendre un discours qui privilégie l’analyse économique, le développement des services publics, la solidarité et qui porte ses attaques non contre les réfugiés ou les migrants, mais les riches qui payent peu d’impôt, le pouvoir de la City ».
Autre surprise de taille sortie des urnes : l’effondrement du SNP, les nationalistes écossais situé à gauche de l’échiquier politique.
« Il y a l’usure du pouvoir car ils sont aux commandes depuis 7 ans mais aussi le fait qu’ils aient eu à gérer des politiques d’austérité qui ont déçu leurs électorats anciennement travaillistes » apprécie Philippe Marlière, « enfin, leur annonce d’un nouveau référendum sur l’indépendance suite au Brexit n’a pas été bien reçue puisqu’un tiers de leur électorat s’était prononcé pour la sortie de l’UE ».
Ce qui va probablement compliquer les alliances nécessaires à l’absence de majorité. Si Jeremy Corbyn a d’ores et déjà réclamé la démission de Theresa May, arriver à une majorité sera aussi difficile à gauche qu’à droite. Si les Tories n’ont pas besoin de beaucoup de sièges, les seuls vers qui ils puissent se tourner sont les unionistes irlandais. Quant aux Travaillistes, les ressources sont également très faibles : les Verts n’ont qu’un seul siège, les Libéraux démocrates, s’ils ont progressé de 4 sièges, n’ont pas récolté ce que leur discours pro-UE pouvait leur laisser espérer au regard des 48 % de la population hostile au Brexit et le SNP est donc en recul.
Theresa May est déjà annoncé qu’elle allait « former un gouvernement ». Reste à voir comment les personnalités du parti Conservateur vont réagir suite à sa campagne qualifiée de médiocre. Ses revirements sur la Dementia Tax pour financer les soins des personnes âgées, son inflexibilité sur le recrutement de policiers en pleine période d’attentats mais aussi son refus de débattre, ses piètres qualités d’oratrice et sa froideur ont été souvent soulignés. « Elle a également trop personnalisé la campagne, déclinant un « moi contre lui » avec la volonté d’arriver à un plébiscite. Or, contrairement à la France, c’est très mal perçu en Grande-Bretagne qui conçoit ces élections comme une action collégiale avec certes un leader mais aussi un groupe derrière lui » ajoute Philippe Marlière qui conclut : « je pense que sa position est désormais intenable ». Et le politologue ne serait pas surpris de voir des nouvelles élections organisées prochainement.
Angélique Schaller

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