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La révolte clive jusqu’à l’assemblée

AL-HOCEÏMA. Le gouvernement tente de justifier les arrestations qui décapitent la contestation.

MAROC
« Faire respecter la loi » : le ministre marocain de l’Intérieur a ainsi justifié la récente vague d’arrestations qui a décapité le  mouvement de contestation populaire dans le Nord du pays. « L’État est mobilisé pour répondre aux revendications sociales et économiques de la population » à Al-Hoceïma s’est justifié Abdelouafi Laftit, venu au Parlement pour répondre aux questions des députés. Et de vanter les nombreux chantiers lancés ou relancés ces derniers mois par le gouvernement dans la région «répondent à 90% des demandes de la population ».
« Où en est le programme d’urgence pour le développement d’Al-Hoceïma ? », a cependant demandé la députée Saâdia Bensahli au nom du Parti socialiste, comme le rapporte le journal marocain Libération ; groupe qui par la voix de son président, Choukran Amam, a mis l’accent sur la « légitimité des revendications exprimées à Al-Hoceïma ». Ce programme portant sur la période 2015-2019 et doté de 6,5 millions de dirhams devrait permettre à un hôpital pluridisciplinaire, un centre d’oncologie et un pôle universitaire de sortir de terre d’ici 2 ans. « Malgré les efforts fournis par l'État pour répondre positivement aux différentes demandes des habitants, l’obstination de certains de continuer à m anifester quotidiennement pose question », a voulu poursuivre le ministre Abdelouafi Laftit.
« Qui a intérêt à ce que la porte du dialogue ouverte par le gouvernement soit fermée ? », s’est-il interrogé, dénonçant les « agissements » de « certaines parties » sur les réseaux sociaux et de ceux qui voudraient « faire perdurer le mouvement ». Son intervention a néanmoins été contestée par deux députés, intervenus en séance. « Le ''hirak'' est un mouvement pacifique, qui s’est toujours montré exemplaire. Les accusations selon lesquelles il servirait un agenda extérieur sont fausses », a estimé un représentant du parti Istiqlal, appelant à la « libération des détenus » et à un « véritable dialogue ». Un député du Parti justice et développement (PJD, islamiste) a lui aussi rejeté les accusations de « trahison » lancées contre les manifestants,
remettant en question la couverture des événements par les télévisions publiques et demandant aux politiques de « jouer leur rôle » dans la gestion de la crise.
Depuis une dizaine de jours, la police a procédé à 87 arrestations, selon un dernier bilan officiel, parmi lesquelles celles de Nasser Zefzafi, le leader du « hirak » (la mouvance, nom du mouvement qui anime la contestation). Une vingtaine d’autres personnes ont également été placées en détention, notamment pour « tentative d’homicide volontaire, atteinte à la sécurité intérieure, incitations contre l’intégrité du royaume (...) et autres crimes ». Mardi, trois autres membres du « hirak », dont le journaliste-militant Mohamed Asrihi, animateur du compte Facebook Rif24 (l’une des voix du « hirak » sur les réseaux sociaux), ont été interpellés, ont indiqué à l’AFP les autorités locales.
Depuis, les manifestations se poursuivent quotidiennement - nocturnes pour cause de ramadan - dans la province, à Al-Hoceïma
et Imzouren. Aux cris de « Nous sommes tous Zefzafi » et appelant à la « libération » des militants arrêtés, ces rassemblements - passés de plusieurs milliers à quelques centaines de participants ces trois derniers jours - se déroulent sous une forte présence policière. Hormis quelques heurts ponctuels, le mouvement est resté « pacifique », mot d’ordre revenant en boucle chez les protestataires.
L’heure est donc davantage aux procès, procès sous la haute surveillance de 90 avocats et d’une vingtaine d’ONG venues soutenir le groupe d’Al-Hoceïma. Et selon le journal en ligne indépendant Le Desk, c’est désormais « la police qui est sur le banc des accusés ». À la première audience, la défense déplore l’absence de l’expertise médicale suite à des accusations de sévices et de tortures par au moins 9 détenus lors des interrogatoires des 28 et 29 mai. « C’est inacceptable de la part de cette institution.
Nous avons demandé une expertise indépendante et complète qui puisse statuer sur le cas de torture », commente Me Abdelmajid Azeryah, avocat au Barreau de Nador, selon des propos rapportés par Le Desk. Des accusations graves et un procès finalement reporté au 13 juin.

Avec AFP

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