Les agents des impôts se mobilisent

L’intersyndicale FO, CGT, CFDT et Solidaires a organisé hier un rassemblement devant le centre départemental des finances publiques à Châteauroux contre la réforme Darmanin.

Comme partout en France, des agents des finances publiques se sont mobilisés hier devant le centre départemental à Châteauroux à l’appel de quatre syndicats : FO, CGT, CFDT et Solidaires. Quelque peu sonnés en juin par l’annonce du plan Darmanin, ils sont aujourd’hui très remontés contre ce qu’ils considèrent être « un grand chantier de démolition ».
Dans les faits, l’entrée en vigueur de ce plan en 2022 se traduirait par une concentration des services sur certains sites avec à la clé des suppressions de postes. Exemple : le service des impôts aux professionnels qui existe aujourd’hui à Issoudun, Le Blanc et Châteauroux ne sera plus demain qu’à Issoudun. En ce qui concerne les particuliers, tous les dossiers seront traités à Châteauroux. Il ne sera plus possible de se présenter à l’accueil de son centre habituel aux horaires d’ouverture : il faudra prendre rendez-vous via internet, les rendez-vous étant ensuite donnés sur des plages bien définies.
« On nous ment, on nous fait croire qu’il y aura plus de services publics, mais c’est faux, s’agace Sébastien Maugrion (CGT). Dans les maisons de service au public, l’usager n’aura pas de renseignements de fond sur son problème. Les agents qui y seront n’auront pas les connaissances des agents des finances publiques. »
Passer par internet pour prendre rendez-vous risque aussi de poser problème à une partie de la population dans un département rural et  vieillissant où certains foyers ne sont pas équipés. Ce virage du tout numérique « impacte toujours les mêmes personnes » constate Sylviane Renaud (FO). Est également mis en avant le cas de ceux qui ont des difficultés à payer (y compris parfois pour des petites sommes) et qui « ont besoin de voir quelqu’un pour trouver une solution ».
Les uns et les autres s’inquiètent d’un contact plus difficile pour le contribuable. « La matière fiscale n’est pas une matière anodine. Les gens ont besoin d’être rassurés », poursuit la représentante de FO. « L’impôt repose sur le principe du consentement, ce qui passe par une présence de l’Etat partout », estime Sébastien Loubet (CGT). Un des arguments avancés pour justifier les réductions d’effectifs est le prélèvement à la source. Un argument qui ne tient pas la route pour ce militant CGT : « Le prélèvement à la source n’a d’intérêt pour l’usager que si sa situation fiscale est régulièrement remise à jour en fonction des évolutions de la vie, et pour cela, il faut du monde ! »
« L’Etat ne veut plus assurer son rôle de services aux citoyens et les services régaliens qu’il rend aux collectivités », déplore Sébastien Maugrion. Et ce, « alors même qu’il y a une forte attente de la part des élus », rappelle Hervé Champagne (CFDT). Le projet prévoit que des agents iront à leur rencontre sans plus de précisions pour le moment.
Trois trésoreries devraient fermer prochainement dans l’Indre : Châtillon, Buzançais et Déols. Ces fermetures seront-elles repoussées après les municipales de 2020 comme c’est le cas dans d’autres départements ?
D’ici trois ans, plus de 5000 postes devraient être supprimés à l’échelle nationale. Combien dans l’Indre ? On ne sait pas encore.
« Nos services sont plébiscités par la population et par les élus, alors pourquoi vouloir tout changer ? », s’interroge Sébastien Loubet.
La journée de mobilisation d’hier était une première. Elle ne sera sans doute pas la dernière.