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Questions environnementales et enjeux d’avenir en débat

Pour réfléchir aux défis environnementaux et sociétaux de demain, le PCF avait convié samedi à Châteauroux différents acteurs des filières agricoles
et industrielles pour débattre, devant un public attentif et curieux.

Samedi, salle Alexandre-Dumas, devant une cinquantaine de personnes, syndicalistes et représentants de la filière bio ont échangé avec le public sur les difficultés rencontrées localement par leur secteur. Dominique Boué, le secrétaire départemental de la fédération de l’Indre du PCF, a ouvert le débat en rappelant les enjeux à venir et les défis à relever, sociétaux comme environnementaux, face à un gouvernement vendu aux visions ultralibérales du patronat et du grand capital.
Les aides à l’industrie, tirelire du patronat
Premier à s’exprimer, Claude Bionnier, délégué CGT chez AR Industrie, a donné le ton en expliquant que son usine avait encore une fois changé de main le premier juin, pour un groupe indo-britannique. Une nouvelle fois, les salariés ont le sentiment de voir leur outil de travail pillé par le grand capital. « On dénonce le versement de 23 millions d’euros d’aide sans contre-partie et sans obligation d’investissement, enrage le syndicaliste. On ne se fait pas d’illusion, en 2020 on devrait fermer si rien n’est fait. Les machines ont plus de vingt ans. Il y a des fuites d’huile mais il n’y a pas d’investissement. Ils s’en foutent complètement. »
Le syndicaliste illustre l’aberration de la gestion de l’usine par la dernière lubie de la direction. « Le groupe veut racheter notre fournisseur d’aluminium installé à Dunkerque. Nous, salariés, on suggère d’utiliser la ligne ferroviaire qui longe l’usine pour réduire les impacts environnementaux car on reçoit jusqu’à trois camions de lingot d’aluminium chaque jour. »
Une suggestion qui pour l’instant ne rencontre aucun intérêt de la part de la direction. Autre aberration, après avoir supprimé le service de transport en car de l’usine, la direction encourage le co-voiturage. Il faut dire que les horaires du réseau de bus de la ville ne sont pas adaptés aux horaires de l’usine. Les salariés viennent donc en voiture, multipliant malgré eux les émissions de gaz à effet de serre.
La guerre des Bios
Dans un autre domaine, Stéphane Leblanc, vice-président du Groupe de développement de l'agriculture biologique de l'Indre (GDAB 36) est venu plaider pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement, en insistant sur le problème des importations. « Le bio local, c’est l’idéal, soutient-il avant d’évoquer l’exemple de l’oignon, qu’on importe sur nos étals. On est capable de le faire pousser sur toute la planète, il est donc anormal de manger des oignons qui ont fait 1 000 km sur les routes. »
Dans le secteur du bio, le maraîcher a également évoqué la problématique des gros groupes qui prennent le pas sur les petites structures, sentant le filon et les parts de marchés à récupérer. Aujourd’hui, l’Indre compte une vingtaine de maraîchers bio qui n’arrivent pas à combler la demande, un marché qui attise donc les appétits.
Porte-parole de la confédération paysanne, Nicolas Calame a lui apporté sa vision de paysan concerné par l’impact environnemental de son activité et expliqué l’orientation de son syndicat. « On se bat pour des paysans plus nombreux, dans une campagne vivante. L’agriculture paysanne doit refuser le productivisme. Nos combats s’articulent autour de la lutte contre les OGM ou la ferme des 1 000 vaches par exemple. Plus localement, on se bat contre l’atelier d’engraissement de la ferme de Jeu-les-Bois : 200 taurillons, élevés dans une ferme entièrement automatisée. C’est un projet à 1,2 million d’euros qui ne crée pas d’emploi »,  un non-sens pour le syndicaliste qui se bat aussi pour une plus juste répartition des aides européennes.
le ticket de caisse, une arme de lutte massive
Dans la salle, la question du prix du bio focalise les interrogations, un prix justifié par le recours à une main-d’œuvre plus importante. « C’est un acte militant d’acheter bio », résume Stephane Leblanc. Dans un monde libéral, de plus en plus déhumanisé où règne sans partage le pouvoir de l’argent, l’acte d’achat revêt donc un caractère de plus en plus militant pour encourager et soutenir les initiatives sociétales en accord avec ses valeurs et ses idéaux.
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