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Festival Guitare : un rendez-vous immanquable pour les luthiers

Une semaine déjà que la 29ème édition du festival guitare d’Issoudun s’est clôturée, une semaine qui a permis à Rémi Huglo, jeune luthier berrichon, de ranger son matériel et de tirer un bilan positif avant de, déjà, penser à l’année prochaine.

Présent pour la cinquième année consécutive au festival guitare d’Issoudun, du côté des luthiers, Rémi Huglo fabrique des instruments dans son atelier castelroussin, situé avenue de La Châtre. Il avait emmené quelques unes de ses plus belles pièces : une basse électrique, trois guitares acoustiques, une guitare électrique et une guitare jazz. Paradoxal pour un berrichon, il a découvert le festival lors de ses études de luthier au Canada.
« Je n’étais pas particulièrement passionné de guitare quand j’étais plus jeune et personne n’y allait dans mon entourage », confie-t-il. Aujourd’hui, tout a changé. Le festival est devenu un rendez-vous incontournable pour lui, au même titre que le festival international de la guitare de Montpellier. L’édition issoldunoise qui vient de se clôturer fut un bon millésime, « avec une super ambiance, très conviviale, calme et musicale, souligne Rémi. Il y a beaucoup de respect entre chacun, entre musiciens et luthiers notamment. On s’écoute et on joue ensemble ».
une vitrine unique
Pour lui le festival, c’est un coup de projecteur. « C’est à chaque fois une occasion rare de présenter mon travail. J’emmène des instruments de ma collection, en général les dernières pièces et quelques instruments fabriqués sur commande, si le client est d’accord. Le festival est un très bon outil marketing pour montrer la totalité de ma démarche. Cela me permet de montrer les différents types de guitares que je fabrique et d’expliquer en direct auprès des gens. Cela permet aussi aux musiciens de connaître tous les détails et les caractéristiques de leur instrument, des informations dont ils raffolent souvent et qui rend leur guitare unique. J’explique mes contraintes de conception, différentes des contraintes industrielles. Ils s’aperçoivent qu’ils auront un instrument sans compromis, d’une qualité que la production industrielle est incapable d’atteindre. Je précise par exemple mes choix en matière environnementale. J’essaye de maîtriser l’impact au maximum, par le choix des essences d’arbres d’abord, des essences autochtones ou labellisées gestion durable, ainsi que des colles et des vernis respectueux de la nature, fabriqués à base de produits naturels. Je n’ai pas non plus de gabarit ou de forme imposée. Je ne travaille pas avec des standards. »
échanger sur de
nouvelles techniques
Le salon, c’est aussi l’occasion pour lui de faire des rencontres. « Les gens ont le temps de discuter. Si un modèle leur plaît, on en discute. Au fil des ans, je suis content d’avoir mis en route des projets. De toute façon, ma meilleure pub, c’est mes guitares. C’est aussi l’occasion d’échanger sur les techniques et les évolutions avec les confrères, sur les dernières astuces et puis, c’est aussi toujours agréable de voir des musiciens professionnels essayer mes guitares, me donner leur retour. Cela permet de voir ce qu’on fait, où l’on va, de se remettre en question et de sortir de l’atelier et des copeaux de bois. Le reste de l’année, on est enfermé. »
La trentième édition ? « C’est sûr, j’y retourne l’an prochain. Je me prépare déjà », sourit-il en évoquant son prochain projet : une basse acoustique. « Je n’ai pas encore choisi le nombre de cordes. »
Florent Renaudier
Infos et contact : www.remihugloluthier.com

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