Les rodéos nocturnes s’invitent au conseil départemental

Hier, les conseillers départementaux étaient réunis pour le vote du budget supplémentaire et la présentation du bilan de l’action de l’État. Certains élus en ont profité pour relayer l’exaspération de leurs administrés concernant les rodéos nocturnes.

En début de séance, le préfet Seymour Morsy est venu présenter le bilan des actions de l’État, définies sur quatre axes majeurs : sécurité, économie, développement durable et cohésion sociale. D’un point de vue sécuritaire, les statistiques montrent une baisse des faits constatés (7 588 en 2016 contre 8 013 en 2015). Dans le détail, on constate une baisse de 4 % de la délinquance avec des disparités de zone pour les atteintes aux biens : -13,5 % en zone police mais +0,9 % en zone gendarmerie. On constate aussi une baisse drastique des vols avec violence (-50 %) et destruction de véhicule (-30 %). Pour autant, les escroqueries et infractions économiques ont augmenté de 17% (+32,3 % en zone urbaine, +11,4 % en zone rurale).
« En revanche, nous sommes en échec sur la sécurité routière », déplore le préfet. Bien que le nombre d’accidents (199) et de blessés (242) soit parmi les plus bas depuis 2013, le nombre de tués (18) à augmenté de 5 par rapport à 2015. Pour autant, l’ñtat est très présent dans l’Indre. Un seul chiffre permet de mesurer son engagement, la somme des dotations pour l’année 2016 qui s’élève à 250 870 949 euros, dont plus de 138 millions pour les dotations de fonctionnement.
Au terme de ce bilan, Jean-Yves Hugon a interpellé le préfet sur une question relative au quartier Saint-Jean, concernant les rodéos nocturnes de voitures, motos et quads qui surviennent à la venue des beaux jours. Plusieurs véhicules ont été repérés et les plaques d’immatriculation transmises. « Ces rodéos sont un grand danger pour les passants et les enfants, dénonce-t-il. Les gens roulent sur les trottoirs, à contre-sens, dans les allées,... Ces nuisances sont insupportables pour les riverains. Bien que la police réagisse rapidement à chaque appel, les habitants demandent des mesures plus énergiques comme la saisie des véhicules incriminés et le renforcement temporaire des effectifs en période estivale. La tension est électrique à Saint-Jean. Les habitants attendent une réaction de l’État. »
Une situation que Nadine Bellurot, conseillère du canton de Levroux et maire de Reuilly, connaît aussi sur sa commune. « L'énervement de la population est réel depuis plusieurs semaines. Elle est à bout. Les gens sont prêts à sortir les fusils. Dans Reuilly, les gens ont peur. »
Conscient de la situation, le préfet estime que « les statistiques et le ressenti des statistiques sont deux choses différentes. Il y a une baisse des faits constatés mais une exaspération réelle. Ce que vous décrivez est une réalité partagée sur tout le territoire, qui n’est ni nouvelle, ni ciblée. Les situations sont très tendues. La saison des rodéos est un rituel. Pourtant à Châteauroux, les forces de l’ordre n’ont jamais saisi autant de deux-roues et de quads. Maintenant, on va regarder les véhicules cités et des opérations vont être menées. »
Une réunion de sécurité sur le cas Saint-Jean est prévue aujourd’hui à la préfecture.
La séance du conseil départemental s’est poursuivie par le vote du budget supplémentaire. Parmi les mesures adoptées, deux concernent la lutte contre la désertification médicale : une aide au déplacement de 400 euros par mois pour les étudiants médecins et une prime à l’installation pour les dentistes. Pour ce qui est des investissements, « il en manque beaucoup » pour l’opposition, même si elle reconnaît une avancée. « Les chiffres remontent mais on est loin d’atteindre ceux d’avant 2015. »
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