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Essence, la parole aux mécontents

 Depuis quelques semaines, la colère gronde. Suite à la dernière hausse du prix des carburants aux pompes à essence, la colère des Français a éclaté et des appels à la mobilisation et au blocage ont été lancé par vagues, un peu partout en France, mais surtout sur les réseaux sociaux. En Haute-Vienne, les Limousins sont, eux aussi très en colère. Rencontre avec quelques-uns d’entre eux. Marie-Line a 57 ans. Elle est auxiliaire de vie à domicile. Elle fait 40 km par jour pour aller et revenir du travail. Depuis 2 ans, elle a changé de voiture et l’augmentation du prix de l’essence à la pompe fait qu’elle met 15 € supplémentaires par plein de carburant. Au rythme de deux pleins par mois, faites le calcul ; c’est 30 € de plus à débourser. Une bagatelle pour certains, mais pas pour elle. Marie-Line vit seule avec un petit salaire ; à sa charge : un loyer, des charges courantes, alors l’augmentation du prix de l’essence représente pour elle un budget supplémentaire énorme à assumer. La quinquagénaire expliqué ses attentes sur la mobilisation du 17 novembre : «je souhaite que tout le monde bouge et se mobilise ; j'espère que le mouvement s’étalera sur plusieurs jours, qu’il n’y aura plus d’essence dans les stations et que plus personne ne pourra bouger, pour que nous citoyens français, soyons entendu». Marie-Line explique que dans son entourage, sa fille manifestera également car habitant Nantiat et se rendant tous les jours à Limoges pour travailler, la hausse du carburant est aussi lourde à supporter. Des amis, qui travaillent à l’usine avec des «petits salaires» confient que chaque nouvelle augmentation est difficile à supporter ; qu’il n’y a plus de sortie inutile ou de petits plaisirs.Bernard, lui, a 73ans. Il est retraité mais a exercé la profession de commercial pendant de nombreuses années. L’appel à la mobilisation le 17 novembre, il y plonge «les 2 pieds dedans». Il explique : «je rejoindrais tous ceux qui bloqueront les accès des villes ; pourquoi ? Trop c’est trop. Nous avons une perte de pouvoir d’achats constante et j’attends que le gouvernement et son Président stoppent toutes les contraintes qu’ils nous imposent.» Concernant l’impact du blocus routier programmé le samedi 17 novembre sur la ville de Limoges, Bernard nous explique qu’il a des doutes sur les bonnes retombées de la mobilisation, mais il explique que les Limousins, comme tous les Français, sont obligés de réagir et ce par tous les moyens (pacifiques précise- t-il) à leur disposition. «Les ponctions de l’Etat sur le peuple français doivent cesser avant que cela ne dégénère et que le peuple français se mobilise encore davantage. Je rappelle au gouvernement que les élus sont là pour servir le peuple et non pour se servir de lui».A noter : il y a 2 jours, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a confirmé une nouvelle hausse des taxes sur les carburants en janvier 2019. Mettant en avant l’intérêt pour la transition écologique, le gouvernement aura, sans doute, omis d’envisager, que ces hausses de prix qui se noient parmi tant d’autres, marqueront, elles, une transition brutale vers la pauvreté. Car certains préfèrent ne pas le mentionner, les répercussions des prix à la pompe vont se généraliser à tous les produits de consommation. Les professionnels comme les entreprises de transport routier vont devoir imputer ces hausses de prix à leurs clients et qui est au bout de la chaine ? Les citoyens français. Transport de matière première, nourriture, produits transformés... tous les secteurs subiront des hausses de prix.Bernard aura résumé un sentiment général : trop c’est trop. A quelques mois des fêtes, les Français aspirent à des jours meilleurs, à un pouvoir d’achat convenable et à un arrêt des ponctions perpétuelles et indirectes sur les salaires. Concernant la mobilisation et le blocus routier de la journée du 17 novembre, différents points de regroupement s’organise en Haute-Vienne, comme par exemple au rond point de Grossereix ; mais beaucoup en appelle à un blocus général de toutes les routes nationales, autoroutes, péages... Le samedi 17 novembre, le jeudi noir de 2018 ? Affaire à suivre.Nathalie Petoux