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Loi Travail : toujours la colère

Dans un contexte de régression sociale continue, les syndicats ne se résignent pas et appellent, à nouveau pour certains pour la première fois pour d’autres, à manifester contre une loi Travail largement rejetée par les salariés.

«On n’est qu’à six mois de mandat présidentiel et déjà on constate les effets d’un véritable rouleau compresseur contre le droit social français.»
Pour Arnaud Raffier (CGT), si on savait à quoi s’attendre avec Macron «beaucoup ne pensaient peut-être pas que la charge serait aussi violente.» De son côté, Serge Rozier (FO) estime qu’Emmanuel Macron a sans doute bénéficié d’une image combinant «jeunesse et dynamisme. Mais sous ce vernis, il y a la réalité d’une politique qui se fait toujours au détriment des salariés et qui, sur le plan, économique, détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée.»
En ce sens, les effets délétères de mesures qui, sous prétexte de faciliter l’emploi, simplifient la tâche à ceux qui veulent licencier, doivent selon les deux organisations syndicales qui se retrouvent la première fois sur la mobilisation contre les ordonnances de la loi Travail susciter une riposte à la hauteur. Et qu’on n’évoque pas  l’essoufflement d’une mobilisation qui, selon Arnaud Raffier, n’en est encore qu’à ses prémisses : «Personne ne peut dire s’il y aura du monde dans les cortèges prévus jeudi. Ce qui est sûr en revanche, c’est que le mécontentement est bien là. Selon les dernières consultations, 69% des salariés sont opposés à cette loi Travail. Ils ne veulent pas de ce soi-disant exemple allemand où, si le taux de chômage est faible, c’est parce que la précarité explose. Ils ne veulent pas d’un travail qui ne leur permette plus de vivre mais tout juste de survivre.»
«Au-delà des salariés, tout le monde est concerné notamment les retraités et les chômeurs avec les mesures qu’on nous annonce, embraye Serge Rozier. On aurait pu croire que le bon score de Mélenchon à la présidentielle aurait pu générer une sorte de recadrage de la politique annoncée par Macron, mais il n’en est rien. Aujourd’hui, on voit bien que tout est fait pour les plus riches et que les salariés et les plus modestes s’en prennent plein la figure.»
Face aux commentateurs de la chose politique et sociale qui, sur le sujet de la loi Travail, estiment que la messe est déjà dite, les organisations syndicales sont bien moins catégoriques. Et voient au contraire des motifs d’espoir. «Les routiers et les dockers en ont fait la preuve. Leur mobilisation pour faire reculer le gouvernement a réussi puisque pour eux les ordonnances ont été vidées de leur contenu.»  
Un exemple que FO ou la CGT aimeraient bien voir se diffuser dans les autres secteurs. «Mais qu’on ne s’y trompe pas. En Haute-Vienne il y a beaucoup de luttes dans les entreprises», souligne Arnaud Raffier. Et puis, plus visible, la récente et imposante manifestation intersyndicale des fonctionnaires a également montré la voie. «Pour, nous il s’agit bien d’un même champ revendicatif,» juge Arnaud Raffier. Alors, même si «l’unité syndicale est parfois bien difficile à bâtir» et que «les salariés ont parfois du mal à s’y retrou-ver», la manifestation de jeudi «doit être un moment fort pour exposer son mécontentement.»
Par Jérôme Davoine

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