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Il vient du pays de la "désobéissance"

Nuits d'été

C'est comme cela que Danyèl Waro définit sa Réunion. « Il a fallu qu'on déso-béisse pour pouvoir se marier en-tre gens de culture et de couleurs différentes, il a fallu qu'on déso-béisse pour pouvoir vivre notre religion animiste, il a fallu qu'on désobéisse pour pouvoir parler et chanter notre langue. Au fond, nous somme le pays de la déso-béissance ».
Entre 1960 et 1970, le Maloya est pratiquement « interdit d'espace public », parce que jugé subversif et souvent chanté par des membres du Parti Communiste Réunionnais et des indépendantistes. C'est d'ailleurs à cette époque que Danyèl Waro découvre cette musique et qu'il tombe amoureux de toutes les symboliques qui y sont liées. Le Maloya est une alternance de chants et de rythmes ; « on utilise très peu d'instruments mélodiques : à la base, c'était des chants d'esclaves » ; c'est donc une musique accessible financièrement à tous. On y trouve toutes les cultures réunionnaises :  des rythmes africains, en passant par des phrasés indiens, et « même des valses françaises ». C'est un mélange qui permet d'exprimer en créole toute les revendications d'un peuple.
La venue de Danyèl Waro était donc attendue depuis longtemps en Creuse. Pour l'occasion, l'association du Cercle des Amitiés Créoles de la Creuse lui a payé l'aller et le retour. C'était effectivement une date unique en France. Et la symbolique était d'autant plus forte que le chanteur était chez nous le soir de la fête nationale. La République française en a pris pour son grade :
Qu'est-ce qu'il pense des enfants déplacés en Creuse (mais aussi dans d'autres départements) par la politique Debré dans les années 60 ? « C'est une déportation. Parfois avec l'accord des familles malheureusement, mais pour moi, c'est une déportation, même si certains comme Jean-Pierre [Moutoulatchimi] revendiquent le positif de la double culture et s'en sortent bien ».
Quelle est la situation sociale sur l'île ? « Les français viennent en toute bonne foi chez nous pour nous donner des écoles, des administrations... en français ! Et uniquement en français. Ils n'apprennent pas notre langue. Quand dans un pays, des gens viennent d'ailleurs et ne font pas l'effort d'apprendre la langue des locaux et imposent la leur pour réguler tout le système, j'appelle ça du colonialisme ». Et bim, paye ta fête nationale !
« L'effet le plus pervers de tout ça, c'est que les réunionnais eux-même ont honte de leur culture. On s'efforce de corriger les enfants s’ils parlent un créole trop prononcé, on se cache pour réaliser des rituels animistes … Et quelque part, c'est logique parce que tous les diplômes sont en français, tous les postes de travail dans l'administration sont en français ».  
Mais attention, Danyèl Waro ne prône pas l'indépendance, ou plus. Cet ancien élu communiste préfère parler de régionalisme. « On ne peut pas plaquer ce qui se passe en métropole sur un petit territoire comme le nôtre. Il faut une sorte de discrimination positive pour que notre culture vive et que les Réunionnais trouve leur place au sein de la France ».
Et c'est en chantant et en dansant que ce militant de l'humain réussi le mieux à mettre tout le monde d'accord. La place Varillas était pleine de « zoreils, cafres, indiens, malgaches », tous venus bouger et écouter la fierté d'un peuple via son plus grand représentant.

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