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La mobilisation a payé

Eurocoustic

Peu avant midi ce mardi, les 120 salariés sur les 185 que compte l’usine Eurocoustic/Saint-Gobain de Genouillac, après un dernier point avec la direction qui a accepté toutes leurs revendications ont décidé de lever leur mouvement de grève entamé depuis la veille, 4 heures du matin.
Mardi matin, 8 heures, les équipes qui devaient travailler et qui étaient en grève étaient sur les deux parkings derrière les palettes en feu et filtraient les entrées. Depuis la veille, aucun camion n’avait pénétré dans l’enceinte du site de production creusois ni pour charger ni pour décharger.
Lors des négociations annuelles obligatoires, l’intersyndicale CGT-FO avait demandé par rapport à une baisse de pouvoir d’achat de 3.000 euros en raison de la perte d’intéressement sur bénéfice une prime de 800 euros. Cela avait été refusé par la direction. C’était loin d’être la seule revendication. Ils réclamaient des investissements réels sur le site et «non pour faire des profits», précise Jacques Bonnyaud, délégué syndical. Des investissements sur «l’outil de travail qui se détériore, une ligne vieillissante», ajoute son camarade Force Ouvrière Philippe Jouin. Sans oublier les fuites... «il pleut sur les armoires», notent-ils. «Dans les ateliers, les gaines sont percées, complète un salarié. Si on continue comme cela on va avoir des accidents liés à l’entretien des machines».
Ils demandaient aussi des moyens humains. «En 2001, nous étions 170 salariés pour 40 millions de chiffre d’affaires. En 2018, nous sommes 185 pour plus de 70 millions d’euros de chiffre d’affaires», indique Jacques Bonnyaud qui précise que la main d’œuvre est  augmentée via les intérimaires, une cinquantaine actuellement, «corvéables à merci. Ils sont formés pendant 18 mois et après ils partent».
investissements
demandés
Les mouvements de grève sont plutôt rares à Eurocoustic mais le climat social est devenu également  compliqué. «Il n’y a plus de dialogue social, on nous impose des choses non justifiées, on grille les instances», constate Jacques Bonnyaud. «Il n’y a plus de respect», confie Philippe Jouin. «Il y a un manque de respect, de bienveillance, c’est pour cela que je suis là», avoue une salariée présente encore mardi matin à l’entrée d’un des deux parkings.
Dès 15h30 lundi une première réunion a eu lieu (voir notre édition d’hier) avec le directeur général descendu de Paris. Si 2,450 millions d’investissements étaient annoncés ainsi qu’un projet de 4 millions d’euros pour 2019, l’intersyndicale ne savait pas ce qu’il y avait derrière. La direction annonçait 11 embauches, «5 en réel» pour Jacques Bonnyaud «avec les glissements de postes, les départs en retraite...» La direction ne revenait pas non plus sur la situation des agents de maîtrise. Ce n’était donc pas suffisant pour les salariés qui avaient reconduit leur mouvement mardi pour 24 heures, au moins.
Victoire pour les
salariés avec une prime de 1.000 euros
Et puis, une nouvelle réunion a eu lieu dans la matinée. La direction a  accepté toutes leurs revendications, un meilleur climat social, des embauches, des engagements écrits sur les investissements et même plus. L’intersyndicale a  fait une contre-proposition face aux 800 euros de prime avec 1.000 euros de prime en raison de 100 euros par jour de grève effectué. Une demande acceptée.
Si les syndicats saluent cette lutte gagnante, ils auraient préféré que tout cela se règle lors des négociations annuelles obligatoires... sans faire grève.  
Le mouvement a été levé dans la journée.

 

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