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Hôpital: de la carte verte à la carte bleue

Ce jeudi 25 juillet, les personnels de l’hôpital d’Aubusson manifestaient pour rappeler qu’ils sont en grève illimitée depuis le 11 juin. Etaient également présents en soutien les personnels de l’hôpital de Guéret, qui subissent et dénoncent la même logique comptable de démembrement du service public de santé.

 

La situation est presque ubuesque. Depuis la mise en place d’un système de tarification à l’activité, beaucoup d’hôpitaux s’entendent dire qu’ils ne sont pas «rentables». «Et ce n’est pas spécifique aux milieux ruraux, il y a des gros centres hospitaliers universitaires qui sont dans la même situation», explique Nathalie Teste, secrétaire départementale CGT Santé et Action Sociale. Alors, on fait des audits. Dans le jargon hospitalier, on appelle ça plutôt des CREF (Contrôle de Retour à l’Equilibre Financier). Les deux hôpitaux de Guéret et Aubusson sont sous le coût de CREF, qui devraient rendre leurs conclusions définitives, pilotées par l’Agence Régionale de Santé et les directeurs des établissements concernés, en septembre. Invariablement, les conclusions de ces plans d’actions préconisent de fermer des lits et/ou des postes, parce que sur le plan comptable, c’est ce qui coûte cher. Problème : si des lits sont fermés, l’activité baisse et donc le déficit se creuse. Si on réduit les personnels, ils ne peuvent plus effectuer correctement leurs tâches, l’attractivité de l’établissement baisse, le déficit se creuse.

Surmenage

et maltraitance

A Aubusson, le CREF préconise la suppression de 3 infirmières en médecine et 11 ASH (agent de service hospitalier) à l’Ephad. Magalie Bouchet de la CGT CH Aubusson fulmine : «Sans ces ASH, ce sont les aides soignantes qui vont devoir s’occuper des repas, faire le ménage en plus des tâches qu’elles ont déjà du mal à effectuer : les toilettes, la lingerie... On n’a pas le temps de faire notre travail correctement». Les résidents d’Ephad payent en moyenne 2.000 euros par mois et se retrouvent sans le personnel nécessaire pour leurs soins quotidiens. Un ancien employé, aujourd’hui à la retraite va même plus loin : «Je suis venu soutenir mes collègues. Depuis trois ans, la qualité des soins a chuté. On tombe maintenant dans la maltraitance. Les résidents et les patients sont enfermés dans leurs chambres toute la journée parce que personne ne peut s’en occuper». Un constat corroboré par Nathalie Teste.

Et l’avenir?

Philippe Borienne de la CGT du CH de Guéret, parle de remplacement de la carte verte (carte vitale) par la carte bleue. C’est-à-dire mise en place d’une médecine à deux vitesses : «Ceux qui pourront aller dans le privé et payer, et ceux qui renonceront aux soins. C’est déjà le cas dans certaines spécialités en Creuse, comme en ophtalmologie».

Pour Aubusson «le but avoué, c’est de faire de nous un hôpital de proximité, c’est-à-dire quasiment pas d’urgences, uniquement de la bobologie, et plus de chirurgie ambulatoire» dénonce Magalie Bouchet.

La seule bonne nouvelle, c’est que le 6 août prochain, les syndicats ont obtenu un rendez-vous avec l’ARS de Guéret à 10h. Ils espèrent une mobilisation massive devant le bâtiment pour sauver la médecine publique en Creuse.

Anne-Laure Le Joliff

Photo: Une cinquantaine de personnes était rassemblée devant l’hôpital du Mont à Aubusson pour alerter la population sur la disparition potentielle d’un service public de santé efficace en Creuse.