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21:54 L’ dans tous ses états: https://t.co/npjyHB909b
21:37 Merci. Le Pont Saint Chrétien Chabenet dans l’Indre, département où j’ai eu la chance de travailler pend… https://t.co/oXJrlcTpXJ
18:10 Rire
18:06 Merci bien, hein ! Tout le monde en nervous breakdown.
17:59 Bonjour huber
15:46 Ca risque pas de s'arranger avec une uberisation du travail.

75e anniversaire du massacre d'Oradour : un cri de détresse éternelle

Ces 9 et 10 juin étaient journées de souvenir en Limousin. A Tulle, le 9 juin 1944, 99 hommes ont été pendus dans la ville par les nazis. Le lendemain, le 10 juin, une unité de la sivision SS Das Reich exécutera 642 habitants à Oradour-sur-Glane et incendiera le village. 75 ans après, Les deux communes se sont souvenu.

«Il faisait chaud ce 10 juin 1944, le bourg était animé. L’insouciance de cette journée témoignait d’un village paisible. En quelques heures, tout a basculé».

Ces mots extraits du très beau discours de la secrétaire d’Etat aux Armées Geneviève Darrieussecq, plantaient le décor. Car oui, tout a basculé ce jour là avec l’arrivée de la Das Reich. Exécution, mitraillage, feu, flammes «la moisson des innocents» dira la secrétaire d’Etat, évoquant la «meute des assassins» et les 642 personnes qui ont perdu la vie dans ce massacre. «Parmi elles, un bébé et une grand-mère de 90 ans.»

«L’innocence assassinée, massacrée, voilà ce qu’est Oradour, un cri de détresse éternelle. Je transmets l’affection de toute une nation pour ce village, ses habitants et ses morts» poursuivait Geneviève Darrieussecq avant de lancer «hélas, ce fut l’œuvre d’êtres humains.»

Reprenant les mots du dernier survivant Robert Hébras, la secrétaire d’Etat poursuivait «l’horreur suprême fut l’église : 450 femmes et enfants y succombent. Enchevêtrement des corps, dernier regard... Reste le cri pour crier à la face du monde plus jamais ça.»

75 ans après, les cendres sont retombées, «un deuil immense habite ce lieu, on ne ressort pas indemne de ce village que l’ignominie a frappé en son cœur.»

Avant la secrétaire d’Etat, c’est Philippe Lacroix, maire d’Oradour-sur-Glane qui a évoqué l’émotion et le recueillement en cette journée du souvenir. «75 ans ont passé et Oradour se souvient. C’est une trace indélébile dans notre histoire nationale et le massacre de 642 innocents est un témoignage de cette barbarie qui peut renaître. Nous lutterons toujours ensemble car c’est en ne prenant pas garde qu’on peut revivre le passé.» Il a salué les nombreuses délégations étrangères et de France présentes. Présents également, les enfants des écoles d’Oradour, le président de l’association nationale des familles des martyrs Claude Milord et bien sûr, le préfet Seymour Morsy, de nombreux élus du département, le maire de Tulle Bernard Combes et celui de Villedieu-sur-Indre, Bernard Gontier..

Le cortège est parti de la mairie et a effectué un parcours passant par les écoles où des gerbes ont été déposées, puis au monument aux Morts des deux guerres à la nouvelle église avec minute de silence pour arriver au village martyr traversé par une foule impressionnante.

Dépôt de gerbes et minute de silence devant l’autel de l’ancienne église, incendiée ce 10 juin 1944. Le temps a fait son œuvre, les murs se fissurent et l’Etat s’apprête à lancer des travaux de consolidation de l’église. Une première phase de diagnostic a permis de cibler précisément ses faiblesses et de déterminer les travaux à entreprendre. Le montant total des travaux qui seront lancés dans quelques mois et doivent se terminer en 2021, est estimé à 400 000 euros.

C’est ensuite au champ de foire que le cortège a fait une pause. Lieu où Robert Hébras a demandé une minute de silence, très ému, «parce que c’était à l’heure où je vous parle...» Robert Hébras qui, du haut de ses 94 ans a lancé «la mémoire après moi restera. A l’année prochaine, peut-être.»

La cérémonie a pris fin devant le Tombeau des Martyrs où plus de 50 gerbes ont été déposées.

Sonnerie aux Morts, minute de silence, hymne national, bénédiction par l’évêque ont clos ce 75e anniversaire, empreint, comme à chaque fois, d’une émotion palpable qui traverse toujours ce village martyr.