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Les bébés entassés comme la volaille en batterie?

Les professionnels de le petite enfance regroupés au sein du collectif «Pas de bébés à la consigne» étaient en grève hier. Pour le Limousin, la manifestation était prévue devant la préfecture de Limoges où plus d’une centaine de personnes de la fonction publique territoriale petite enfance, ont ainsi voulu dénoncer un projet de réforme des modes d’accueil.

 

Tout est parti d’un projet d’ordonnances du gouvernement sur la simplification des normes pour faciliter le développement des modes d’accueil, qui entend réduire le taux d’encadrement dans les établissements collectifs publics (crèches...) alors qu’il est déjà parmi les moins favorables des pays de l’OCDE. Ce projet vise également à réduire la surface d’accueil des enfants. Actuellement de 7m2 pour assurer des conditions de jeu et de vie favorables au développement des jeunes enfants, elle serait ainsi réduite à 5,5m2. Ce qui permettrait d’accueillir beaucoup plus d’enfants. A titre d’exemple les membres de ce collectif indiquent qu’un établissement conçu pour 20 places pourrait accueillir jusqu’à 24 enfants, un de 40 places jusqu’à 48 enfants et enfin un de 60 places jusqu’à 72 enfants. Les places en micro-crèche devraient être elles aussi augmentées. De 10 aujourd’hui, elles passeraient ainsi à 16, sans avoir pour autant plus d’encadrants, au nombre de trois aujourd'hui. Inadmissible pour les professionnels de la petite enfance pour qui ce projet d’ordonnances ne rassure pas mais inquiète. Les professionnels de la petite enfance, leurs associations, organisations et syndicats réunis dans le collectif «Pas de bébés à la consigne» pour leur combat pour des modes d’accueil de qualité, ne lâchent rien. Le texte qui servira de base à la rédaction des ordonnances sur les modes d’accueil ne leur convient pas. Et à plus d’un titre.

La DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale) administration chargée de la rédaction des ordonnances en liaison avec le cabinet d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, doit permettre un temps de consultation ouvert jusqu’au 15 juillet. Dans son préambule au projet, la DGCS prenait la peine de préciser «s’il ne peut respecter toutes les positions des uns et des autres, le projet s’efforce de les concilier et il est le fruit de riches échanges». Raté !

Les professionnels de terrain sont sûrs d’une chose : la qualité d’accueil passe par du personnel compétent, diplômé, qualifié et par des taux d’encadrement raisonnables en l’occurrence : 1 pour 5 bébés et 1 pour 6 enfants plus grands. «Actuellement le taux d’encadrement est d’un professionnel pour huit enfants qui marchent et de un pour cinq qui ne marchent pas. Notre travail ne consiste pas à une simple surveillance» indique une des grévistes, adjointe technique dans une crèche de Haute-Vienne. Elle ajoute, «nous devons changer les bébés, leur faire prendre leur repas, sachant que tous ne mangent pas au même rythme, on ne peut pas les nourrir à la chaîne. Nous réservons aussi du temps pour accompagner les familles ce qui favorise une prise en compte de l’enfant et de sa famille dans une relation individualisée.» Et d’en conclure, «la petite enfance n’est pas assez rentable, donc on réduit l’encadrement comme on fait partie de la fonction publique territoriale et en plus, on augmente l’accueil», regrette-t-elle en ajoutant, «on ne peut pas attendre qu’il soit trop tard pour nous faire entendre».

Rassemblés devant le préfecture de Limoges, la foule (plus de 100 personnes, 189 selon l’un des participants), est allée manifester dans les rues piétonnes de la ville, afin de rendre public son combat. Le collectif national a d’ailleurs saisi à plusieurs reprises les ministères concernés par voie postale en joignant ses propres propositions favorisant un accueil de qualité.

 

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