Assemblée générale de l'IRSH: «Un peuple sans mémoire peut-il construire son avenir ?»

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L’Institut régional d’histoire sociale (IRSH) CGT du Limousin a tenu son assemblée générale la semaine dernière à Limoges. Si de 2018 ressort une certaine «continuité», les membres de l’association se demandent «comment donner une dynamique nouvelle» à cet institut qui sauvegarde la mémoire syndicale depuis plus de trente-cinq ans.

«Continuité et permanence peuvent caractériser l’activité 2018 de notre IRSH, avec des échéances annuelles régulières que nous assumons plutôt bien. Pour autant, est-ce satisfaisant ? Comment donner une dynamique nouvelle à notre institut ?» s’interroge Michèle Baracat. La présidente de l’association se demande «comment mieux travailler collectivement, dans la durée, avec des perspectives de rayonnement dans et hors de la CGT».

En ce qui concerne le bilan de l’année écoulée, l’activité de l’institut s’est structurée autour de plusieurs manifestations. Outre la participation à de nombreux congrès, conférences et autres assemblées générales, l’année 2018 a été marquée par le cinquantenaire de Mai 68 avec ses conférences et son exposition nationale. «Comparé à 2017, l’inventaire de notre activité de l’an dernier est peu différent. S’il témoigne des grandes lignes de notre activité, il ne permet pas la mesure qualitative de celle-ci, ni la mesure des échos de cette initiative dans les organisations de la CGT, auprès des militants et des adhérents et plus largement auprès des publics visés» remarque la présidente. «Notre activité a été importante, à la mesure des forces bénévoles... Nous avons désormais à réfléchir sur la qualité du suivi de nos activités inscrites dans la durée, sur comment mieux faire partager par nos organisations l’importance de l’histoire sociale pour les combats d’aujourd’hui».

Pour diffuser leurs travaux, les membres de l’institut peuvent compter sur leur revue «Mémoire active», qui change de formule cette année. En outre, leurs «brèves de l’histoire sociale en Limousin» fêtent leur cinquième numéro dans lequel une question est posée : «Un peuple sans mémoire peut-il construire son avenir» ? Du droit de grève en 1864 au droit syndical en 1884, en passant par la Sécurité sociale ou le développement des services publics, «faire ces rappels peut être ressenti comme de la nostalgie sur un temps dépassé... Mais la quête des Gilets jaunes à la recherche d’un projet, d’une structuration, ressemble à la préhistoire du syndicalisme» peut-on lire dans le feuillet.

En ce qui concerne les projets pour l’année en cours, l’IRSH sera «à nouveau au salon Lire à Limoges (du 3 au 5 mai, NDLR) avec comme invité à notre stand le socio-historien Gérard Noiriel» se réjouit la présidente. «Avec des associations amies, nous présenterons d’ailleurs une conférence gesticulée sur les migrants animée par Gérard Noiriel. Accompagné d’une artiste, il entrecoupe sa conférence de jeux de scène, de chansons, de projections. L’historien est habitué à parler de l’immigration en public et il part du principe qu’il n’a devant lui que des personnes convaincues ou, au contraire, d’autres qui ne le seront jamais. Il s’est dit qu’il fallait passer par un autre canal et a choisi la mise en scène théâtrale» pour étayer ses propos.

 

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