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Assurance chômage : des négociations sous tension

TRAVAIL

Les syndicats ont entamé vendredi avec le gouvernement la renégociation de la convention assurance-chômage. Les discussions devraient être bouclées avant le 26 janvier.
Vendredi, les syndicats se sont dits désireux d’aboutir à un accord sur l’assurance chômage, mais ont chacun réaffirmé leurs lignes rouges à l’ouverture de cette négociation ardue. Les organisations syndicales s'opposant à toute baisse de droits des demandeurs d’emploi. Fin septembre, l’exécutif a annoncé la couleur aux partenaires sociaux. Il faudra faire entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Objectifs principaux affichés : accélérer le retour à l’emploi, réduire la précarité et désendetter l’Unédic. La dernière convention d’assurance chômage, qui définit le cadre d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi, avait été négociée juste avant l’élection présidentielle et est entrée en vigueur il y a tout juste un an. « Nous n’étions pas demandeurs » d’une nouvelle négociation, répètent en boucle les syndicats.
En arrivant au siège de l’Unédic, le négociateur CGT Denis Gravouil a déchiré en petits morceaux la lettre de cadrage du gouvernement, sous l’oeil des caméras. « Il n’est pas question de respecter les économies sur les droits des chômeurs », a-t-il souligné.
Marylise Léon, négociatrice pour la CFDT, a expliqué que « le temps était contraint » mais « suffisant » jusqu’à mi-janvier pour essayer de s’entendre.
Pour la CFDT, « la première ligne rouge est la dégressivité » des allocations, une des pistes versées au débat. « On ne rentrera pas dans les discussions qui entraîneraient des baisses de droits, notamment des plus précaires », a-t-elle résumé.
Pour Jean-Michel Pottier (CPME), il y a « deux épouvantails » dans cette négociation : « le bonus-malus côté employeurs et la dégressivité côté salariés ».
Les partenaires sociaux doivent en effet essayer d’enrayer la prolifération des contrats à durée déterminée qui coûtent cher à l’Unédic. Le candidat Emmanuel Macron avait promis d’imposer un « bonus malus » pour pénaliser les entreprises qui en abusent, mais le gouvernement souffle le chaud et le froid depuis plusieurs mois.
La CPME juge le projet « mortifère »
L’expression « bonus malus » n’est d’ailleurs pas inscrite dans le document de cadrage publié fin septembre par l’exécutif et qui fait office de feuille de route. La CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) s’est déjà émue d’un projet du gouvernement, qu’elle juge « mortifère» pour l’emploi.
Les huit organisations syndicales ,et patronales, gestionnaires du régime d’assurance chômage, vont en outre se pencher sur la « permittence », c’est-à-dire l’alternance entre emploi et chômage, qui englobe plusieurs dispositifs comme la possibilité de cumuler une partie d’allocation et de salaire.
La révision du régime des intermittents est également en jeu. La question de la dégressivité des allocations, notamment pour les cadres, devrait elle aussi s’inviter à la table. « On peut tout ouvrir, tout regarder sans aucun tabou », a expliqué Hubert Mongon, négociateur pour le Medef.
Au final, s'il n'est pas satisfait, l'Etat reprendra la plume. Ce dernier met en avant un financement opéré désormais pour partie via l'impôt (CSG) au lieu des cotisations sociales salariales.