Des pauvres plus nombreux et toujours plus précaires

RAPPORT

Pour lutter contre la grande pauvreté, le Secours catholique plaide dans son rapport annuel pour la mise en place d’un socle de base ou revenu minimum garanti de 850 euros.
En 2017, le Secours catholique a accompagné plus d’1,3 million de personnes.
De plus en plus de seniors, des femmes seules, des familles monoparentales, des étrangers en situation irrégulière ou non. Des actifs, des chômeurs, et même des salariés en CDI à temps plus ou moins partiel. Des pauvres qui sont de plus en plus pauvres, selon le secrétaire général de l’association Bernard Thibaud. L’année dernière, le revenu médian mensuel par ménage des bénéficiaires de l’association ne dépassait pas les 540 euros.
Les visages de la pauvreté se diversifient, et la hausse constante du coût de la vie, notamment du logement et de l’énergie, n’arrange rien. Les mesures prises par le gouvernement pour y remédier ne sont pas suffisantes, d’après le secrétaire général de l’association Bernard Thibaud. Alors que le plan pauvreté annoncé par Emmanuel Macron prévoit de simplifier les démarches et de fusionner les minimas sociaux, le Secours catholique appelle à la mise en place d’un nouveau contrat social et à une revalorisation d’ampleur des aides.
« Pour éradiquer la grande pauvreté, on estime que le RSA devrait être à 850 euros », au lieu des 550 actuels, plaide le secrétaire général de l’association.
D’après l’Institut national de statistiques et d’études économiques (INSEE), toute personne seule vivant avec moins de 1 026 euros par mois est considérée comme pauvre. L’institut en recense 8,8 millions en France.
Automatiser l’accès aux prestations sociales Le rapport souligne également la nécessité d’automatiser l’accès à ce socle, « dans la mesure où les revenus de la personne le justifient ». Une réforme complexe à mettre en oeuvre, mais cruciale afin de lutter contre le non recours aux aides sociales. « Les pauvres souffrent encore de préjugés, pourtant ils ne sont pas dans l’assistanat », affirme Bernard Thibaud. Dans les faits, un quart des ménages rencontrés par l’association et éligibles aux allocations familiales ne les réclament pas. Et un tiers des ayants droit au RSA n’y ont pas recours.
G.T.

Air More Uptempo