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Fonctionnaires : nouvelles missions et démissions

RÉFORME. Après avoir réduit les impôts qui financent les services publics, le gouvernement s’attaque désormais aux agents : effectifs, statuts, missions… Tout est à risque.

AUSTÉRITÉ
« Adapter », « assouplir », « moderniser », mettre fin aux « rigidités » et permettre des réorganisations plus rapides, « comme le font les entreprises », aller vers « une gestion contemporaine » : c’est avec le vocabulaire habituel de la macronie qu’a été justifié le menu de la concertation sur la réforme de la fonction publique, présenté à l’issue du premier comité interministériel de la transformation publique.
Cette concertation menée avec les syndicats des fonctionnaires débute en ce mois de février. Quatre axes sont soumis aux débats : la transformation des instances de représentation du personnel ; une révision du système de rémunération pour le rendre plus individualisé, autrement dit, au mérite ; un recours plus fréquent à l’embauche de contractuels ; enfin, l’accompagnement des conséquences de la réforme
de l’Etat.
Encourager le pantouflage
Le comité interministériel a également fait état de sa volonté d’élargir la contractualisation à la haute fonction publique, d’encourager le pantouflage c’est-à-dire le passage entre privé et public qui est pourtant largement décrié car source de tous les jeux d’influence et d’affecter les meilleurs élèves de l’ENA à la mise en oeuvre des chantiers prioritaires du gouvernement.
Enfin, un comité d’experts baptisé CAP22 parmi lequel ne figure aucune personnalité syndicale a été mis sur pied pour réfléchir à des réformes et à des pistes d’économie. Il devra rendre ses préconisations fin mars, sachant que la deuxième réunion du comité interministériel est prévue pour avril. Chaque point soumis à la concertation syndicale est un dossier en soi. S’en prendre aux IRP n’a rien d’anecdotique surtout après ce qui a été développé avec les ordonnances sur la loi Travail dans le secteur privé. L’individualisation des rémunérations soulève aussi de nombreuses questions quant à l’instauration d’une concurrence entre des salariés là pour… exercer une mission d’intérêt général. L’intérêt
général est également l’angle qui interroge le recours plus massif à des contractuels : comment une mission de cet ordre peut être ponctuelle ? Cependant, c’est essentiellement le dernier point qui, pour l’heure, a fait réagir.
Le discours officiel est que le passage au numérique qui va être imposé à l’administration va faire disparaître des emplois. Tout comme la volonté de « revoir les missions de l’Etat » et d’en abandonner certaines. Outre le fait que cela nécessiterait un débat à part entière, une option pourrait être de former les agents pour leur assurer une réorientation professionnelle. Si un « effort de formation » a été mentionné par le gouvernement, sa principale option est de proposer « un plan de départ volontaire ».
« Nous avons affaire à un président et à un gouvernement qui sont en train de s’attaquer frontalement à la fonction publique pour se conformer
aux prévisions d’Emmanuel Macron de supprimer 120 000 emplois » recadre Jean-Marc Canon de la CGT qui fait plus que douter du volontariat des départs. Luc Farré de l’Unsa a dénoncé « une attaque (…) en contradiction avec les principes de la fonction publique », Solidaires un « dynamitage » et Christian Grolier de FO a affirmé que « ce que souhaite le gouvernement, c’est casser le statut général ». Seule la CFDT ménage ses critiques, réclamant une rencontre rapide avec le gouvernement « pour discuter de ce qui est vraiment derrière ses annonces».
Angélique Schaller

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