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Le Secours catholique en croisade contre les préjugés anti-pauvres

PAUVRETÉ. A l’occasion de son rapport annuel, le Secours catholique donne des chiffres toujours aussi glaçants et lance une campagne contre les idées reçues, stats et témoignages à l’appui.

CAMPAGNE

Fainéants, assistés, profiteurs... « Tout le monde connaît un exemple. Comment faire pour que cet exemple ne devienne pas une généralité ? Au Secours catholique nous rencontrons plus de 1,6 million de personnes par an. On recueille des paroles, on a des statistiques et nous sommes en capacité d’avoir des arguments solides. Quand on rentre dans le concret de la situation des gens, on voit bien que ces idées préconçues ne tiennent pas » introduit Laurent Seux, délégué France du Secours catholique qui, hier, a présenté son rapport annuel sur la pauvreté.
En plus des chiffres, l’ONG a décidé cette année de lancer une campagne anti-préjugés, contre ces idées reçues qui « ont comme conséquence d’abîmer les personnes, de les empêcher de se projeter » ajoute Laurent Seux avant d’avancer « on peut pourtant faire un lien clair : depuis le début de la crise, on compte un million de pauvres en plus. La rhétorique autour du fraudeur masque surtout notre incapacité à lutter contre la pauvreté ».
Fainéants les pauvres ? Le Secours catholique explique que 62,5% des gens rencontrés ne sont pas au chômage. Et de citer le cas de David de la Nièvre, 49 ans, qui vient de resigner un CDI après 5 ans au chômage suite à un licenciement pour cause d’absence de véhicule personnel : « j’appréhendais beaucoup la reprise du travail : à force de ne pas bosser et d’entendre dire que les chômeurs sont des bons à rien, j’avais fini par penser : « Peut-être que je suis devenu un bon à rien. » Finalement cela se passe très bien. Les employeurs me font confiance, et ça j’adore» .
Profiteurs les pauvres ? En 2016, 40% des gens qui avaient droit au RSA n’en avait pas fait la demande. Ainsi Franck, 35 ans, de Haute-Loire qui SDF considérait que la « situation était de [sa] faute » que « donc que je ne pouvais pas prétendre à ces droits ».
Incapables de gérer les pauvres ? Le Secours catholique rappelle sobrement qu’ils vivent en moyenne avec 548 euros. Faisant des enfants pour les allocations ? Chiffres à l’appui il démontre que les aides sont bien inférieures à ce que coûte un enfant.
Et de réaliser une vidéo pour être en immersion durant 24 heures avec une femme élevant seule son enfant. 3,37 minutes pour voir un lever à 5h14 afin que l’enfant soit déposé chez la voisine pour filer par ses propres moyens faire des ménages aux aurores, pour voir un enfant ravagé parce que ses copains l’ont traité de clochard à cause de ses chaussures.
Cette vidéo a été envoyée à l’ensemble des députés dont nombreux ont récemment voté sans vergogne la réduction de 5 euros des allocations, estimant que 5 euros... C’est vraiment rien.
Si la vidéo cible sur ce type de situation c’est parce que les femmes seules représentent la majorité des adultes accueillies par le Secours catholique. Si la proportion des mères isolées reste stable, elle est aussi élevée : 40%.
Ce qui évolue en revanche, c’est la part des plus de 60 ans qui a quasiment doublé en dix ans et « principalement des adultes de nationalité française » souligne le rapport qui fait le distinguo dans ces statistiques.
Notamment pour lutter contre les idées reçues sur les étrangers venus « profiter » : pour ce public, le revenu médian est de 139 euros par mois. Bien loin de celui des Français qui s’établit à 930 euros mensuels.
Angélique Schaller

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