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Affaires étrangères un ministère sur une « pente douce »

COMMISSION. Sinistré par les coupes à répétition de Bercy, sans vision politique et aujourd’hui destiné à la promotion commerciale : état des lieux inquiétant du Quai d'Orsay à l’occasion d’une discussion sur le budget 2018.

ASSEMBLÉE
Loin des postures affichées devant les caméras, une discussion de fond sur l’état du ministère des Affaires étrangères a eu lieu dans la discrétion de la commission du même nom à l’Assemblée nationale mercredi. Une discussion qui, sur la base de rapport de députés LREM puis Modem sur la diplomatie puis la francophonie, a dressé un état des lieux plus qu’inquiétant.
Le ministère serait sur « une pente douce » selon l’expression plusieurs fois employée, une pente doucement creusée par les restrictions budgétaires imposées depuis une décennie. Un ministère qui souffre de « manque de moyens » reconnaît la députée LREM Anne Genetet mais aussi de « gestion globale » ou encore d’absence « de vision à 5 ou 10 ans » pour reprendre la formule du MoDEM Frédéric Petit.
Les coupes sombres ont tout d’abord concernées le personnel.
« Moins 30 % d’effectifs en 10 ans » souligne Anne Genetet qui salue l’effort mais remarque que des marges de manoeuvre sont encore dégageables. « C’est impressionnant ! » s’affole en revanche le communiste Jean-Paul Lecoq qui aimerait « qu’un contrat soit établi avec Bercy pour que les marges de manoeuvre soit utilisées pour améliorer le dispositif diplomatique et non pas rendues au ministère des Finances ». Un point qui semble partagé par beaucoup même si la LREM Anne Genetet assure que « Bercy est capable d’entendre, encore faut-il lui donner des billes ». La présidente de la commission, la MoDEM Marielle de Sarnez finissant même par affirmer : « Bercy doit être là pour ai der, pas pour décider et les politiques doivent reprendre la main sur cette question ».
Outre les effectifs, l’immobilier et ses ventes à répétition suscite de nombreuses questions. « Qui décide ? » interroge la LREM Samantha Cazebonne qui, en poste au Portugal, s’inquiète de voir « un bâtiment mis en vente quand le lycée français voisin est surchargé». « Qui décide et comment sont réparties les recettes? », ajoute un autre LREM, Buon Tan qui remarque que « pas mal de sites prestigieux ont été vendus à Shanghai ou Hong-Kong ».
Anne Genetet tente d’appeler à un sursaut des parlementaires pour aller défendre la cause de ce ministère auprès de leurs collègues : « il faut défendre ce réseau et pour se faire, bien expliquer ce que c’est. On est bien loin des buffets et des petits fours, c’est désormais une action qui développe le commerce extérieur. 40 % de leur activité est dédiée à l’économie ». Une précision qui déclenche des remarques chez le seul député communiste Jean-Paul Lecoq : « on ne doit pas seulement défendre le business mais avant tout la culture et l’histoire car c’est par là que la France peut influencer le mouvement du monde. Et s’il faut défendre la francophonie, il faut aussi s’engager pour la paix, mot jusque là absent des débats ».
Cette francophonie est effectivement présentée comme un enjeu d’importance pour les années à venir.
« C’est la grande question » insiste même l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, « en 2060, ce sera le 3e groupe de locuteurs mondiaux ». Et de regretter qu’ici deux intervenants « passent trop souvent sous les radars : la coopération décentralisée et les universités avec des activités très importantes mais jamais coordonnées.
Ce que pourrait faire par exemple… l’Etat ».
Angélique Schaller

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