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Ils ne veulent pas voir s’éteindre France 3 Périgords

France 3 Périgords devrait disparaître au mois de juin 2018, à moins que la pression contraigne la direction de France télévision de changer d’avis. Hier, une centaine de personnes a participé à un rassemblement de soutien à la chaîne.
Journée de grève hier à France 3 Périgords, comme dans de très nombreuses locales de la chaîne régionale dont la disparition très prochaine a été annoncée le 21 septembre dernier. En cause, bien évidement, cette annonce brutale qui a beaucoup surpris et choqué, en témoignent les nombreuses prises de positions des élus et les nombreux témoignages de soutien, notamment à travers la pétition lancée sur change.org.
Et des soutiens, l’équipe de France 3 Périgords en a reçu une centaine hier midi à travers un rassemblement devant les locaux de la chaîne à Périgueux. Dans la foule, on pouvait croiser de très nombreux élus, des journalistes des autres médias, mais également des membres du secteur associatif ou encore de simples téléspectateurs attachés à leur information de proximité. « Nous comptons sur l’intervention directe des parlementaires auprès du ministère de la Culture pour maintenir la télévision locale sur nos territoires. La population rurale, qui est très attachée à cette télévision, n’a pas à subir les coupes budgétaires du nouveau gouvernement », estime Colette Langlade, vice-présidente du conseil départemental. « C’est le signe du dérèglement généralisé des services publics », tranche Vianney Le Vacon, président de l’Adecr et élu communiste à Périgueux. « France 3, les Ateliers SNCF, c’est une stratégie délibérée. La politique de Macron, c’est de développer les métropôles et de laisser 80 % du territoire livré à lui-même. Cela pénalise le pluralisme de la presse et la démocratie et cela fait la part belle à des groupes privés, la presse des Dassault et Bolloré ».
Un sursis espéré
Pour le président du Grand Périgueux Jacques Auzou, vouloir fermer France 3 Périgords, c’est accentuer davantage la fracture territoriale. « France 3 Périgords assure un lien social pour les personnes âgées de ce département, un territoire déjà isolé. On ne veut pas d’une information régionale bordelaise ».
Des soutiens de poids pour les onze personnes qui composent l’équipe de France 3 Périgords, qui se réjouissent de voir l’ampleur de la mobilisation derrière eux. Ils rappellent au passage que les derniers chiffres d’audience enregistrés (2005-2007) faisaient état de 100 000 téléspectateurs, soit un Périgordin sur quatre.
Au même moment se tenait hier un comité central d’entreprise à Paris au cours duquel la direction de France télévisions a renvoyé aux directeurs régionaux la décision de l’avenir des éditions locales. Selon les représentants du personnel, charge à eux de décider de les maintenir ou non, en fonction de ses choix éditoriaux et des spécificités locales. « Nos éditions locales pourraient donc bénéficier d’un sursis », espèrent les représentants du personnel. Un personnel qui va peser de tout son poids au plan local pour obtenir le droit de continuer à informer les Périgordins. Ils y croient plus que jamais.

Le soutien affirmé de la FSU

La FSU Dordogne s’est fendue d’un communiqué pour fustiger la décision de fermer France 3 Périgords à qui le syndicat apporte tout son soutien.
Dans son communiqué, la FSU Dordogne affirme qu’elle ne peut se résigner à voir disparaître une source publique d’information locale, ainsi que d’envisager la suppression de postes de personnels issus de la fonction publique, sans réagir. « C’est pourquoi, nous demandons à la direction de France Télévision de revenir sur ce choix financier. L’information n’est pas un consommable, mais est nécessaire dans un département rural comme le nôtre. La diffusion d’informations locales, mais aussi d’informations non orientées politiquement, doit rester une problématique du service public qu’est France Télévision. Nous appelons donc à ce que la direction du groupe revienne sur sa décision ».
En attendant, la FSU Dordogne appelle à soutenir les personnels, mais aussi à relayer massivement les démarches de défense de la structure.

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