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L’avenir s’obscurcit pour les papeteries de Condat

Industrie

Il y a quelques mois, Andrea Minguzzi, président de Lecta, groupe propriétaire des papeteries de Condat, se disait « très optimiste » sur l’avenir du site des papeteries de Condat.
En effet, une demande d’aide de 35 millions d’euros avait été accordée par l’Etat français, sous réserve de validation par l’Europe. Le dossier permettait tous les espoirs.
Aujourd’hui, l’horizon s’est obscurci et les nuages s’amoncellent. En effet, le 4 juillet dernier, la Direction générale de la concurrence a adressé un courrier « préliminaire et provisoire » aux autorités françaises dont la conclusion est défavorable à l’attribution de l’aide.
Courrier conjoint au Président de la République
Immédiatement, Germinal Peiro, président du Conseil départemental de la Dordogne, Dominique Bousquet et Francine Bourra, conseillers départementaux du Haut Périgord Noir, Régine Anglard et Michel Lajugie, conseillers départementaux du Terrassonnais, ont adressé un courrier signé conjointement au Président de la République, Emmanuel Macron, pour attirer une nouvelle fois son attention sur la situation catastrophique des papeteries de Condat si l’aide n’est pas attribuée. Pour les élus, l’entreprise, qui emploie près de 600 personnes et qui fait vivre de nombreuses entreprises sous-traitantes, « s’attache à développer un projet de diversification de son outil industriel qui reste performant malgré un coût de l’énergie prohibitif en comparaison de ceux pratiqués dans d’autres pays de l’Union Européenne » mais « la baisse du coût de l’énergie est une condition de la réalisation de ce projet, seule alternative à la fermeture du site à court terme ». Après avoir envisagé diverses solutions qui n’ont pas abouties, Condat a sollicité une aide individuelle à l’énergie en 2018, afin de lancer la production d’un papier spécifique à fort potentiel. Début 2019, l’optimisme était de rigueur, tant au niveau des dirigeants de l’entreprise que des élus locaux. Malheureusement, la lettre du 4 juillet change la donne. « L’inquiétude n’a jamais été aussi grande qu’aujourd’hui quant à la pérennité du site dont le retour à la profitabilité se trouve clairement conditionné à la réalisation de son projet de reconversion industriel et à la baisse du coût de l’énergie dès 2019. Il paraît évident que Condat sera sacrifié par Lecta ou par tout repreneur. Dans ce contexte, ni les employés, ni les élus locaux ne connaissent les intentions du gouvernement, ni celle de CVC Capital Partners, société détentrice du groupe Lecta. Il semble néanmoins que le mandatement de l’aide promise par vos deux secrétaires d’Etat à l’Ecologie et à l’industrie permettrait le lancement du projet industriel, assurant l’avenir du site ». Les élus sollicitent donc l’intervention personnelle du Président en faveur du dossier de Condat.
Le 1er août, Andrea Minguzzi a écrit aux ministres dans ces termes : « je ne pense pas nécessaire de vous rappeler la situation difficile dans laquelle l’usine de Condat se trouve. Vous connaissez son impératif besoin de soutien à sa transition écologique en matière énergétique ». Il souligne la déception causée par la réponse de la DG Concurrence : « l’appréciation négative portée par la Commission au projet d’aide individuelle à l’énergie compromet tout simplement l’avenir du site de Condat ». Il insiste sur les engagements de l’Etat non tenus depuis 2015 et note : « le plan social envisagé en 2016 sur 200 postes se chiffrait à 22 millions d’euros. Produire, dans un marché en repli, avec un coût de l’énergie excessif, a conduit à une perte cumulée, pour Condat, de 2016 à 2019, de 50 millions d’euros ». Andrea Minguzzi évoque, « le retard de la DGEC à effectuer la pré-notification à la DG concurrence et à définir un dispositif d’aide future ». « Approximations, erreurs » sont des termes employés dans ce courrier. « Sans l’aide promise, Condat se trouve sans aucune perspective de profitabilité. Le groupe Lecta ne sacrifiera pas ultérieurement l’avenir de ses autres usines à son renflouement. Il n’aura d’autre choix que de renoncer à tout projet de diversification, de clore définitivement la ligne 8, sans exclure des mesures plus drastiques encore que pourraient lui dicter des tiers ». En conclusion : « le groupe Lecta a donc besoin, d’ici le 15 septembre prochain, de la preuve du mandatement de la subvention à l’énergie pour les exercices 2019, 2020 et 2021. Il est enfin indispensable et urgent de reprendre le dossier d’aide à long terme, dossier resté en jachère depuis janvier ».
Brigite Ovaguimian