Une marée rouge et jaune

Social

Entre 1 000 (police) et 1 200 personnes (syndicats) ont défilé hier matin dans les rues de Périgueux pour réclamer davantage de justice sociale, soulignant au passage que la plupart des grands conquis sociaux ont été acquis dans la rue.
Un arc-en-ciel de couleurs revendicatives. Du rouge, bien sûr, couleur de la lutte et de la CGT, qui appelait à cette journée d’action. Le rouge aussi de celui d’une poignée de militants FO, des drapeaux des militants communistes ou de la France insoumise, mais également du jaune, celui des gilets, au nombre de 150, qui se sont mêlés au cortège, ou encore du blanc bardé de couleurs, porté de la FSU et d’autres pastels, par quelques militants de Génération.S. Des couleurs, mais surtout des colères, contre les injustices et les inégalités. « La démultiplication des mobilisations s’oppose à la profonde injustice sociale et exige une autre répartition des richesses », rappelle Corinne Rey, la secrétaire départementale de la CGT, qui ne manque pas de souligner que ce sont « les travailleurs qui en vendant leur force de travail permettent la création de richesse qui est acaparée par le Medef et son lot d’actionnaires ». S’il est encore sans doute trop tôt pour parler de convergence des luttes, c’est bien l’idée sous-jacence de la journée d’action d’hier. « Le mouvement des gilets jaunes et l’action de la CGT dans les entreprises ne s’opposent pas », insiste Corinne Rey qui lance un appel à l’unité. « C’est ensemble, sans nier les uns et les autres, mais en se rassemblant à chaque fois où c’est possible sur des revendications communes que nous serons les plus efficaces ». Beaucoup des revendications exprimées par les gilets jaunes depuis plusieurs semaines se confondent en effet avec celles portées depuis plusieurs années par la CGT. Comme par exemple une augmentation du Smic de 20 %
(1 800 euros brut), du point d’indice, de tous les salaires et pensions ainsi que des minimas sociaux, une réforme de la fiscalité par un impôt sur le revenu plus progressif et une TVA allégée sur les produits de première nécessité, le rétablissement de l’ISF et une imposition plus forte des hauts revenus et de la détention du capital, le développement des services publics, le respect des libertés publiques tels que le droit à manifester remis en cause par le gouvernement, le renforcement des droits et garanties collectives, des droits au chômage, de la sécurité sociale, notamment de la retraite, etc. Autant de revendications qui seront une nouvelle fois portée, à l’issue du grand débat national... Mais dans la rue. La CGT propose en effet d’organiser une nouvelle journée nationale d’action à la mi-mars au cours de laquelle pourront être remis les cahiers d’expression revendicative populaire dans lesquels la CGT invite à s’exprimer.

Les gilets jaunes de la partie
Une présence qui allait de soi pour Didier, « nous avons les mêmes demandes donc je trouve très bien que l’on puisse faire ça ensemble. C’est logique et ça ne sert à rien de faire les choses chacun dans son coin. Mais il faudrait que ça se transforme en mouvement de grève de longue durée à l’image de notre mouvement qui n’a jamais cessé depuis le 17 novembre. Nous y participerions si c’était le cas ». Si au départ il était question que les gilets jaunes manifestent en fin de cortège, beaucoup s’étaient mêlés aux autres manifestants. Il ne s’agissait pas cependant d’une mésentente pour Didier, « ça avait été prévu en accord avec les syndicats. Nous l’avions déjà fait du temps de Colère 24. Si un jour c’est une manifestation organisée par les gilets jaunes on renversera peut-être les rôles mais là c’était organisé par les syndicats, donc rien de plus normal ».

Le cortège se rend à la Sobeval
La manifestation s’est poursuivie, au-delà des boulevards, devant les grilles de la Sobeval à Boulazc. La CGT entendait ainsi rappeler au patron de l’entreprise, le droit des salariés à se syndiquer. Un représentant du personnel, syndiqué CGT depuis peu, fait en effet l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave. Une procédure qui a vu le jour peu de temps après la création d’une section syndicale CGT au sein de l’entreprise à la tête de laquelle se trouve cet employé qui n’avait jusqu’alors jamais eu de problème durant ses sept ans et demi de mandat de représentant du personnel sans étiquette. Selon la CGT, le patron de la Sobeval « sous ses airs de bon père de famille, est un patron du 19e siècle, qui ne veut pas de la CGT chez lui », note Corinne Rey, la secrétaire départementale.

Ewen Cousin

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Manifestation interprofessionnelle à Périgueux le 5 février 2019