Une session BAFA à sa portée

Formation

On ne compte plus les structures qui cherchent des personnes diplômées du BAFA... et qui n’en trouvent pas. Il faut dire que ceux qui seraient intéressés pour le passer galèrent tout autant à le faire : les places sont chères... et à perpète. C’est ainsi que Aliso a sollicité la Ligue de l’enseignement Nouvelle Aquitaine (1) pour développer une action sur le territoire. Un travail de partenariat qui a donné lieu, fin octobre, à la mise en place pour la première fois sur Guéret d’une session de formation générale sur le BAFA en demi-pension, donc, et à moindre coût.
Une formation au BAFA à Guéret, ça n’a pas de prix... ou presque. 330€. 75€ de moins que les formation en demi-pension habituellement proposées. Et comme les formations ont systématiquement lieu au-delà des limites du département, c’est plutôt sur la pension complète que les Creusois doivent tabler. Total : 540€. Un argument de poids qui garantissait le succès de la session organisée du 26 octobre au 2 novembre à l’IRFJS. 24 places disponibles, 24 participants.
Sans surprise : « On rencontre au quotidien des gens qui sont intéressés par le BAFA mais pour qui le coût, la distance, la mise entre parenthèse de la vie familiale ou l’angoisse qu’une formation dispensée loin génère, constituent un frein », souligne Fabienne Clavaud, référente jeunesse et citoyenneté à  Aliso. « On sait qu’on a perdu beaucoup de stagiaires à cause de ça », complète José Manuel Gauttier, coordinateur régional BAFA à la Ligue de l’enseignement Nouvelle-Aquitaine.
Le partenariat noué avec la Ligue de l’enseignement Nouvelle Aquitaine a permis de proposer une offre de proximité ; un coup de pouce de la municipalité, qui a gracieusement mis l’IRFJS à disposition, a permis, quant à lui d’alléger davantage le coût de la formation, formation générale de 8 jours... Reste à passer, avant d’obtenir le BAFA, par un stage pratique de 14 jours que les apprenants ont à dénicher puis par un stage d’approfondissement de 6 jours. « On souhaiterait, à plus long terme, pouvoir proposer un cursus complet, toujours en partenariat avec Aliso, éventuellement au même endroit », indique José Manuel Gauttier.
Le diplôme balaye large : le vivre ensemble, la connaissance de l’enfant, des besoins aux stades de développement, le rôle d’animateur... et intéresse un panel de population tout aussi large. Encadrés par trois formateurs, les 24 apprenants âgés de 17 à 43 ans - 11 d’entre eux sont mineurs -, sont encore lycéens et anticipent une candidature à un job d’été ou à un cursus universitaire ; sont salariés au sein de collectivités qui ont besoin de se former ; cherchent à se relancer... Pour beaucoup, passer le BAFA est une nécessité, et pour tous, le faire à Guéret reste une aubaine.
« Je ne voulais pas faire pension complète parce que j’ai entraînements, ça m’arrangeait que ce soit à Guéret. » Quand il ne se donne pas à fond dans le rugby, Lucas, 19 ans, est surveillant dans un collège : « J’ai  toujours voulu faire une formation, j’aimerais travailler avec les enfants, ça m’intéresserait d’être animateur en colo » Même optique pour Paul qui ne se voyait pas lâcher le ballon. À 17 ans, il a une idée précise en tête de ce qu’il aimerait faire et le BAFA a un rôle à jouer : « J’aimerais entrer en Staps-kiné à Limoges, il n’y a que 70 places... et plus on a de choses sur le CV mieux c’est. »
Carole, 35 ans, a déjà tracé sa voie. Elle travaille à Auzances, tantôt à la bibliothèque, tantôt à la cantine, tantôt à la garderie : « La mairesse m’a demandé si ça m’intéressait - la mairie prend en charge la formation totalement -, et c’est très utile. Par exemple, jusqu’à présent, je faisais se ranger les petits deux par deux, maintenant, je vais les faire chanter, j’ai dans l’idée de plus m’amuser. »

(1) Le BAFA et le BAUD sont une compétence régionale de la Ligue de l’enseignement.